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des livres blancs des généraux à la fondation d’Hubert Falco

dimanche 17 octobre 2010, par la rédaction

Au début des années 2000, plusieurs centaines de généraux ayant servi en Algérie signèrent un manifeste pour « affirmer que ce qui a caractérisé l’action de l’armée en Algérie ce fut d’abord la lutte contre toutes les formes de torture ». Il fut repris comme préface du Livre blanc de l’armée française en Algérie publié aux éditions Contretemps en 2002, avec, entre autres, des articles de Maurice Faivre et Jean Monneret, et, dans une partie intitulée « La désinformation à l’œuvre », un long texte mettant violemment en doute le caractère scientifique de la thèse soutenue en décembre 2000 à l’Institut d’études politiques de Paris par Raphaëlle Branche, « L’armée et la torture dans la guerre d’Algérie. Les soldats, leurs chefs et les violences illégales », qui avait obtenu la mention très bien et les félicitations du jury composé de Jean-François Sirinelli, Jean-Pierre Rioux, Stéphane Audouin-Rouzeau, Jean-Charles Jauffret et Pierre Vidal-Naquet[*].

Ce livre blanc faisait suite à un ouvrage poursuivant les mêmes buts et qualifié dans sa préface de « livre blanc », Mémoire et vérité des combattants d’Afrique française du Nord, publié par le Cercle pour la défense des combattants d’Afrique française du Nord, dont le général Maurice Faivre avait été « l’architecte ».

L’historienne Raphaëlle Branche s’est penchée sur la parution de ce manifeste et de ces deux livres, auxquels la mise en place de la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie fait aujourd’hui écho.

[*] Raphaëlle Branche est l’auteure du livre issu de sa thèse, La torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie (Gallimard, 2001).

« The past is not dead. In fact, it’s not even past »

William Faulkner, Requiem pour une nonne


Raphaëlle Branche, La Guerre d’Algérie : une histoire apaisée ?
Paris, Le Seuil, coll. « L’Histoire en débats », 2005, 445 p.


Le manifeste des généraux ayant servi en Algérie [1]

A l’hiver 2000, plus de 300 généraux ayant servi en Algérie signèrent un manifeste dans lequel ils affirmaient vouloir « dépassionner les débats » et « rétablir la vérité historique ». L’analyse du passé qu’ils proposaient était fidèle aux idées qui, pendant la guerre d’Algérie, avaient présidé à certains choix tactiques et stratégiques : l’ennemi était présenté comme marxiste-léniniste et la lutte en Algérie située dans la continuité de la guerre menée en Indochine. Les généraux célébraient la grandeur de l’armée française et de ses idéaux et imputaient aux adversaires d’antan la responsabilité des violences subies par la population algérienne. Ils renvoyaient de toute façon la torture et autres crimes au rang d’actes marginaux tout en soulignant la latitude — trop grande — que les autorités politiques leur avaient alors laissée. Ces officiers ayant servi en Algérie se présentaient en défenseurs de l’armée française et de son honneur.

Le livre du Cercle pour la défense des combattants d’Afrique française du Nord et le livre blanc [2]

En 2000, alors que le général Faivre venait de publier un livre au titre vendeur : Les archives inédites de la politique algérienne, 1958-1962 [3], il prit en charge la réalisation d’un livre blanc pour le compte du Cercle pour la défense des combattants d’AFN dont les buts affichés étaient : « Revendiquer comme un honneur d’avoir servi la France dans la lutte décidée par son gouvernement en Afrique du Nord », « s’opposer aux calomnies à l’encontre de l’Armée Française dans son action en AFN », « mettre en valeur l’œuvre de développement accomplie par la France auprès des populations nord-africaines, y compris pendant la période opérationnelle », « combattre toute tentative de division entre appelés, engagés et supplétifs », « pour les harkis (supplétifs), veiller à ce qu’ils fassent l’objet de toutes les mesures morales et matérielles qui reconnaissent leur engagement à nos côtés » [4]. Inscrite dans une vision du monde marquée par une lutte continue contre les ennemis d’hier, l’action du Cercle visait à célébrer les actions des combattants et à transmettre une image juste de la guerre à « nos enfants, nos petits-enfants, nos descendants » [5].

Dans ce livre, le général Faivre put rendre compte de ses recherches personnelles dans les archives françaises. Le propos d’ensemble était d’insister sur la responsabilité des autorités politiques dans la conduite de la guerre en particulier en ce qui concernait sa fin, le sort des harkis et des populations françaises d’Algérie. Le livre blanc… offrait des chapitres sur différents aspects de la guerre, faisant référence à des travaux historiques variés, citant des archives. Les choix thématiques n’étaient pas anodins : ainsi les violences de l’OAS après le cessez-le-feu étaient tues alors que les porteurs de valises étaient décrits comme les « complices de crimes contre des civils, contre les combattants de l’armée et de la police, que l’amnistie de 1966 a[vait] effacés juridiquement mais pas moralement » [6].

L’essentiel était résumé en conclusion : « L’armée a[vait] rempli son rôle dans la guerre d’Algérie », « le peuple français et ses descendants [pouvaient] reconnaître que les appelés, les soldats de métier et les fidèles harkis [avaient] combattu avec courage et opiniâtreté pour instaurer la démocratie en Algérie. Ce qui n’a[vait] pas été » [7]. Si l’affirmation d’un tel but pouvait servir une entreprise mémorielle, qui plus est articulée avec une position politique sur l’Algérie contemporaine (le livre blanc établissant au détour d’une phrase une continuité entre les violences du FLN/ALN – notamment la cruauté d’Amirouche - et les méthodes des « tueurs du FIS » [8]), elle n’avait rien de scientifique : à aucun moment, il n’avait été question pendant la guerre d’Algérie de charger l’armée d’instaurer la démocratie. Le souci de servir une certaine mémoire de la guerre avait manifestement dominé sur la recherche de la vérité.

De fait, le général Gillis, président de l’ASAF (Association de Soutien à l’Armée Française), n’hésitait pas à sortir de la neutralité affichée par son association. Ainsi, en prévision des élections présidentielles de 2002, il appela explicitement à voter contre Lionel Jospin à qui il reprochait son manque de considération pour l’armée. Les différents témoignages publiés sur la pratique de la torture pendant la guerre d’Algérie et l’émergence d’un débat public sur ce sujet l’avaient en effet mis en fureur : « Alors que nous vivons dans une démocratie avancée, tolérante, une République un peu molle il est vrai, mais où nos libertés sont assurées, ces "fous d’idéologie" [précédemment mentionnés comme étant les maoïstes et les trotskistes] ont des réseaux clandestins, cloisonnés, et ils ne sortent de l’ombre que lorsqu’ils ont réussi à obtenir des postes d’influence dans les médias ainsi que dans les rouages de l’État. Ils peuvent ainsi, analysait-il, piétiner impunément les valeurs traditionnelles de l’armée au travers de celles de l’Armée d’Algérie en 1954-1962 » [9].

Rien d’étonnant dans ces conditions à ce que le premier livre blanc fut suivi de deux autres en trois ans, signe du sentiment d’urgence ressenti par certains anciens combattants de la guerre et de leur désir d’affirmer leur vision de l’histoire. En 2001, le Livre blanc de l’armée française en Algérie affichait un ton particulièrement offensif étant donné le contexte de la médiatisation de la question de la pratique de la torture par l’armée en Algérie. Le livre entendait prêcher à des convertis mais aussi convaincre le plus grand nombre. Rhétorique scientifique et arguments d’autorité y étaient mêlés pour tenter d’atteindre ces buts. Ce livre blanc se présentait en outre comme un beau livre, grand format, papier glacé, agrémenté de photos.

La campagne de presse au sujet de la torture y était qualifiée de « désinformation » [10] : les auteurs se proposaient de rétablir la vérité. Le rédacteur en chef du Figaro, Antoine-Pierre Mariano, indiquait ainsi dans un témoignage intitulé « L’autre torture » : « La torture pendant la guerre d’Algérie ? Voilà bien un secret de polichinelle que le Parti communiste tente de transformer en affaire d’État en montant une entreprise de démolition de l’armée française » [11].

Afin de rétablir la vérité historique, les manuels d’histoire étaient passés au crible d’une critique attentive à la manière dont étaient traités l’armée et son engagement (« les opérations du général Challe en 1959-1960 ne sont pas enseignées », « la victoire [est] occultée ») ainsi que les partisans de l’Algérie française. Ma thèse de doctorat y était critiquée en mettant en avant des critères de rigueur scientifique que le jury aurait été incapable d’appliquer [12]. Y était ainsi affirmé que « la thèse sembl[ait] ignorer que le FLN payait des journalistes et des intellectuels » ou que l’ensemble tenait d’une « accumulation de jugements de valeur qui [tenaient] de la prise de position partisane plus que de la réflexion historique ». Des citations nombreuses venaient appuyer le propos. Elles ne respectaient pas la règle de protection des personnes et exposaient aux lecteurs les noms d’individus, cités dans la thèse pour des raisons de validation universitaire, mais devant être protégés par l’anonymat dans une publication.

Ce livre blanc se présentait comme une défense de l’armée française et de son honneur, dans la tradition des condamnations qui, pendant la guerre elle-même, poursuivaient les auteurs d’articles ou de livres « portant atteinte à l’honneur de l’armée ». Cependant, si plus de trois cents généraux dont deux anciens chefs d’état-major des armées (Jean Saulnier et Maurice Schmitt) en signèrent la préface, l’institution militaire était totalement extérieure à l’initiative, qui devait, en revanche, beaucoup à des personnalités proches de l’extrême droite. Y contribuaient ainsi l’ancien rédacteur en chef de National Hebdo, Martin Peltier, ou Philippe Conrad, ancien de la revue Nation Armée dont l’objectif était, dans les années 1970, de diffuser les idées du GRECE dans les milieux militaires [13]. Michel de Jaeghere en fut l’artisan principal. Membre de la rédaction de Valeurs Actuelles, ce journaliste participe aussi au conseil d’administration de Renaissance catholique : ses actions s’inscrivent dans le combat pour la défense d’une chrétienté assaillie. « Nous ne sommes qu’un petit nombre », écrivait-il en 1999, « […] nous avons, nous, la Foi et l’Espérance. Nous avons avec nous l’histoire de France, et la longue succession de moines, de soldats, de rois, de laboureurs qui ont civilisé cette terre, par la Croix, par le livre, l’épée et la charrue : leur souvenir nous exalte et nous porte. Nous avons avec nous la justesse de nos principes, et la conscience qu’en nous battant pour eux, nous nous battons pour le règne du Christ, qui est la Voie, la Vérité, la Vie » [14].

Un docteur en histoire participa en outre à ce livre qui n’hésitait pas à présenter l’OAS comme « l’ultime refuge de soldats refusant de trahir leurs paroles » et à rendre hommage aux officiers putschistes. Sa contribution était, étonnamment, présentée sous la rubrique « témoignage ». Jean Monneret y dénonçait « la campagne d’agit-prop lancée en l’an 2000 » et affirmait vouloir parler de deux choses dont « personne », selon lui, ne parlait : les massacres d’Européens du 20 août 1955, qualifiés de « Saint Barthélémy constantinoise », et « les enlèvements de 1962 ». Sur ce point, il concluait en écrivant que le chiffre de près de 1300 personnes disparus après le cessez-le-feu se rapprochait « de celui des disparus de la bataille d’Alger que cite Yves Courrière, dont on charge aujourd’hui l’armée française » - ce qui était loin d’être exact puisqu’Yves Courrière avait évoqué un total compris entre 3 et 4000 victimes [15]. Et il ajoutait : « Le sort de ces victimes-là a fait beaucoup de bruit à l’époque, il en fait encore aujourd’hui. Le sort des pieds-noirs enlevés et disparus est, quant à lui, toujours oublié ou méconnu » [16]. Par sa thèse publiée parallèlement, il entendait fournir des arguments à certains porteurs de mémoire présentés doublement comme des victimes : victimes de violences qu’il interprétait comme expressions d’une guerre de religion (Saint Barthélémy), puis victimes d’un oubli dont l’auteur suggérait qu’il était organisé pour favoriser d’autres groupes mémoriels et politiques [17].

Également éloigné de la rigueur d’un propos scientifique, le général Maurice Faivre signait une contribution sur « les crimes contre l’humanité du FLN » et une autre visant à replacer l’Algérie dans une « interminable guerre civile », où il expliquait notamment que « le Maghreb central ne connut, tout au long de son histoire, que des périodes de troubles et de divisions internes qui se sont perpétués jusqu’aux crises de l’Algérie indépendante » [18]. Les participations de ces auteurs à un tel ouvrage s’inscrivaient dans une démarche militante que Me Jean-Marc Varaut, avocat de Maurice Papon, parmi d’autres, ancrait dans un refus de laisser « une histoire tronquée, dénaturée, se répandre dans les esprits ». La justesse du combat pour l’Algérie française devait être rappelée : « L’œuvre de la France a été, là-bas, civilisatrice. Et s’il est un devoir de mémoire qui s’impose, s’il y a une repentance à faire, s’il y a une honte à réparer, ce n’est pas celle de l’armée, c’est celle du gouvernement qui lui a ordonné d’abandonner ses auxiliaires, les harkis, permettant, par là, à un véritable crime contre l’humanité de s’accomplir » [19].

La faible diffusion [20] de ce livre édité par Contretemps, une maison d’édition d’extrême droite, et la distance que l’institution militaire prit avec lui firent sans doute rater son but à cette entreprise de rectification des esprits menacés par la désinformation « lancée par le parti communiste, soutenue par les anciens porteurs de valises, les professionnels de la repentance et leurs relais » [21]. La contribution de quelques auteurs ayant mené des travaux dans un cadre universitaire témoignaient cependant qu’une petite fraction d’individus ayant fréquenté l’université et en ayant été diplômés pouvait accepter de se mettre au service d’une entreprise de mémoire luttant pour imposer une vision de l’histoire totalement idéologique.

En 2003, l’Association de Soutien à l’Armée Française et le cercle pour la défense des combattants d’AFN publiaient un autre livre prolongeant les précédents : La France en Algérie, 1830-1962. Les réalisations, l’héritage [22]. Cette fois, le nombre d’auteurs étaient réduits, mais tous mettaient en avant leurs titres universitaires [23]. Bien qu’il n’y ait qu’un seul docteur en histoire parmi eux, le général Faivre les présentait tous comme « des historiens militaires et civils ». Tellement soucieux « d’éviter les polémiques sur la conquête et sur la guerre d’Algérie, qui ne font qu’aviver les rancunes réciproques et nourrir la haine de part et d’autre », le livre évitait purement et simplement de parler de la guerre, comme si le meilleur moyen d’éviter les ressentiments était de passer sous silence ce qui divisait ! La revendication de titres universitaires ou du statut d’historiens n’était pas sans rappeler le souci de certains négationnistes, tentant de recouvrir d’une façade académique des écrits enracinés dans le mépris de la vérité et la haine de l’autre. De telles initiatives ne pouvaient qu’alimenter l’idée que toute histoire de la guerre d’Algérie était nécessairement idéologique. Elles faisaient en particulier le lit d’accusations renvoyant les travaux historiques à l’un des camps en présence pendant la guerre.

Raphaëlle Branche


Quelques extraits du Manifeste des 521 officiers généraux ayant servi en Algérie [24]

« Nous tenons d’abord à affirmer que ce qui a caractérisé l’action de l’armée en Algérie ce fut d’abord sa lutte contre toutes les formes de torture, d’assassinat, de crimes idéologiquement voulus et méthodiquement organisés.
C’est cela la vérité et non le contraire. »

« En Algérie, autant que par ses opérations militaires, l’armée a caractérisé d’abord son action par un considérable et original travail de pacification, assuré directement par elle ou garanti par sa présence : enseignement dans les écoles et formation des cadres, soins et prévention des maladies, constructions et travaux publics, exercice des droits civiques et des libertés fondamentales. »

« Certains, pendant la bataille d’Alger en particulier, ont été confrontés à un dilemme : se salir les mains en interrogeant durement de vrais coupables ou accepter la mort certaine d’innocents. S’il y eut des dérives, elles furent marginales et en contradiction même avec les méthodes voulues et les objectifs poursuivis par la France et son armée. »

L’introduction par le général Bernard Gillis du livre
Mémoire et vérité des combattants d’Afrique française du Nord [25]

Ce Livre Blanc est une oeuvre collective réalisée par le Cercle pour la défense des combattants d’Afrique française du Nord. En tant que Délégué National du Cercle, j’en assume la responsabilité,

Je remercie les associations participantes qui ont travaillé dans une grande ouverture d’esprit et avec le seul souci de la vérité historique :

  • Fédération Nationale des Anciens d’Outre-mer et Anciens Combattants des Troupes de Marine,
  • Association Soutien à l’Armée Française (ASAF)
  • Association des Anciens des Affaires Algériennes (SAS)
  • Union Nationale des Parachutistes, (UNP)
  • Association Nationale des Anciens d’Indochine
  • Droits des Religieux Anciens Combattants
  • Promotion « Victoire, Coëtquidan 1945 »
  • Association « La Koumia »,
  • Union Nationale des Anciens Combattants d’Indochine, des TOE et d’AFN
  • Conseil National des Francais Musulmans (CNFM).
  • Association Nationale des Anciens des Forces Françaises de l’ONU
  • Association des Blessés de la Face et de la Tête « Gueules Cassées »
  • Union Nationale de Combattants (UNC)
  • Fédération des Sociétés des Anciens de la Légion Étrangère (FSALE)
  • et Souvenir de l’Armée d’Afrique

Je personnaliserai un seul remerciement : celui adressé au nom de toutes les associations au général Faivre, membre du Cercle, historien connu et reconnu et qui a été l’architecte de ce Livre.

Bernard Gillis
Délégué national du CDCAFN


La Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie

Chacune des trois associations fondatrices de la fondation est présidée par un général ayant combattu en Algérie.Et on relève que l’association des « Gueules cassées », qui apportera la plus importante contribution à sa dotation initiale en capital (2,5 millions sur un total de 7,2 millions d’euros), dont le vice-président et le président d’honneur sont signataires du manifeste, a participé en tant que telle à la rédaction du livre Mémoire et vérité des combattants d’Afrique française du Nord.

Pour le secrétaire d’Etat aux anciens combattants Hubert Falco, il s’agirait de « réconcilier les mémoires » [26] et de « dépassionner tout cela » [27]. Est-il sérieux d’invoquer ces objectifs quand la création de la fondation s’appuie sur des institutions et des hommes qui se sont fait remarquer par leur minimisation et leur justification forcenée de la torture pratiquée par l’armée française [28] ?


[1Extrait de Raphaëlle Branche, op. cit., page 52.

[2Extrait de Raphaëlle Branche, op. cit., de la page 60 à la page 66.

Les notes [3] à [23] sont de Raphaëlle Branche.

[3Les archives inédites de la politique algérienne, 1958-1962, L’Harmattan, 2000, 431 p. Ce livre était bien plus qu’une publication d’archives, un véritable livre sur la politique française en Algérie sous la Ve République. En quatrième de couverture, la compétence du général en matière historique est décrite ainsi : « Ses responsabilités au sein des 2e bureaux l’ont conduit à s’initier au travail de l’historien : recoupement d’une masse d’informations, analyse des situations et évaluations des forces en présence »…

[4Mémoire et vérité des combattants d’Afrique française du Nord, diffusé par le Cercle pour la défense des combattants d’AFN en novembre 2000. Le livre fut ensuite publié à L’Harmattan en 2001. Les pages citées ci-dessous renvoient à l’ouvrage de 2000.

[5Introduction du général Gillis à Mémoire et vérité des combattants d’Afrique française du Nord.

[6op. cit., p. 85.

[7op. cit., p. 125.

[8op. cit., p. 55.

[9Bulletin de l’ASAF, n° 65, mars 2002.

[10Analysée par Vladimir Volkoff dans le volume.

[11Livre blanc de l’armée française en Algérie, Contretemps, 2001, 208 p., p. 110.

[12« La nouveauté du propos de Raphaëlle Branche tient, au total, au seul fait qu’il s’exprime dans le cadre d’une thèse de doctorat d’État – affirmait l’auteur de la critique, mal informé sur le statut du travail (il ne s’agissait pas d’un doctorat d’État mais d’une thèse de troisième cycle). Qu’une telle thèse ait pu non seulement être préparée, mais être admise à soutenance, et de surcroît recevoir les félicitations unanimes du jury laisse planer un doute sérieux sur la neutralité axiologique dont se targuent les instances universitaires dans le cadre desquelles Raphaëlle Branche a obtenu ce succès ». Livre blanc…, op. cit., p. 181.

[13Sur le GRECE (Groupement de Recherche et d’Études pour la Civilisation Européenne), voir Anne-Marie Duranton-Crabol, Visages de la Nouvelle Droite : le G.R.E.C.E. et son histoire, Presses de la FNSP, 1988, 268 p. Le GRECE se définit lui-même ainsi, en 1969 : il « ne sera jamais une association de masse ; nous ne sommes ni un syndicat, ni un parti politique. Mais nous voulons attirer ces quelques milliers de personnes qui font marcher un pays. À l’heure actuelle, la France tient sur des penseurs, des cadres, des scientifiques, des publicistes, des administrateurs qui contrôlent, influencent, encadrent des millions d’individus ». Cité par Anne-Marie Duranton-Crabol, « Du combat pour l’Algérie française au combat pour la culture européenne. Les origines du GRECE », Cahiers de l’IHTP, n° 10, novembre 1988, p. 46.

[14Michel de Jaeghere, « Europe ou Chrétienté » in Europe ou Chrétienté, Issy-les-Moulineaux, éditions Renaissance Catholique, 1999, p. 17.

[15Voir deuxième partie, chapitre 2.

[16Livre blanc …, p. 115.

[17Jean Monneret, « La phase finale de la guerre d’Algérie : le problème des enlèvements », thèse soutenue sous la direction de François-Georges Dreyfus, à l’université de Paris-IV en 1996.

[18op. cit., p. 60.

[19op. cit., p. 157.

[20Malgré un tirage ambitieux annoncé de 10 000 exemplaires.

[21Quatrième de couverture.

[22Cercle pour la défense des combattants d’AFN, La France en Algérie, 1830-1962 : les réalisations, l’héritage, Cercle pour la défense des combattants d’AFN, 2003, 55 p.

[23Il est indiqué : « Roger Ducoussou, docteur en biologie humaine, Maurice Faivre, docteur en sciences politiques, Michel Klein, docteur ès lettres et sciences humaines, Jean Monneret, docteur en histoire ».

[24Pour prendre connaissance du manifeste dans son intégralité, de la liste des 521 signataires arrêtée au lundi 18 mars 2002 et de l’introduction de Bernard Gillis à Mémoire et vérité..., voir : http://www.chemin-de-memoire-parachutistes.org/actualites-militaires-en-general-f93/manifeste-des-521-officiers-generaux-ayant-servi-en-algerie-t4620.htm.

[25Voir la note précédente.

[28Voir : cette page.