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de nombreuses villes proposent d’apporter de l’aide aux réfugiés

samedi 12 septembre 2015

Samedi matin 12 septembre 2015, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a réuni les maires des communes qui se sont portés volontaires pour participer à l’accueil des réfugiés. Il leur a promis une aide financière.

En région PACA, les maires d’Aix en Provence et de Nice ont catégoriquement refusé de participer à cette réunion. Marseille semble hésitant, et Toulon, qui avait dans un premier temps exprimé un refus, a finalement été représenté à Paris par sa première adjointe, Geneviève Lévy.

Un numéro de téléphone : la région PACA met à partir de lundi un standard pour répondre aux questions des particuliers qui veulent proposer une aide : 04 91 57 55 55

Les réactions des villes [1]

- Les villes qui font partie du "réseau de villes solidaires" : Rennes, Metz, Lyon, Rouen, Strasbourg, Nantes, Nancy, Dijon, Grenoble, Caen, Besançon sont les premières à avoir répondu à cet appel.
A Lille Martine Aubry a promis une centaine de places disponibles pour accueillir des réfugiés et Olivier Bianchi maire PS de Clermont-Ferrand, a annoncé que 200 familles de réfugiés pourraient être accueillies dans la région. A Bordeaux, Alain Juppé s’est dit aussi prêt à prendre "sa part", refusant pour autant de "se lancer dans une course aux chiffres". Pas de prévisions chiffrées non plus à Saint-Etienne, au Havre, au Mans, A Montpellier, le maire Philippe Saurel a promis la création d’un centre de d’accueil de demandeurs d’asile d’une capacité de 60 places, avant la fin de l’année 2015. Enfin à Paris, la maire Anne Hidalgo a annoncé jeudi la création de 7 nouveaux centres d’accueil pour les réfugiés (460 places au total).

- Les villes qui attendent avant de se prononcer : Toulouse, à Marseille, Xavier Méry (LR), adjoint au maire en charge de la question, a promis "d’assurer ses responsabilités" sans préciser

- Les villes qui s’opposent à l’accueil des réfugiés : François Baroin, maire LR de Troyes, Aix-en-Provence, la maire (LR) Maryse Joissains-Masini est catégorique : "des migrants, j’en ai suffisamment". A Nice, même son de cloche pour Christian Estrosi (LR) qui n’entend pas se faire "dicter par le gouvernement une politique dictée sur des quotas". Enfin, à Toulon, on rejette aussi la responsabilité sur l’Etat.

Le gouvernement promet des aides aux maires pour accueillir les réfugiés

par Maryline Baumard, Le Monde, le 12 septembre 2015


Paris, Nantes, Bordeaux, Marseille… Toutes les grandes villes du pays ont répondu à l’invitation du ministre de l’intérieur. Six cent vingt-deux maires, prêts à accueillir des réfugiés, ont annoncé leur venue, samedi 12 septembre, à la Maison de la chimie, à Paris. Des Républicains aux communistes, les élus de tous les partis ont fait le déplacement pour proposer des hébergements. Beaucoup sont inquiets, se demandant comment leur action locale va s’articuler avec celle de l’Etat. Répondre à cette question est justement un des objectifs de la journée. Bernard Cazeneuve souhaitait en effet que ces maires ressortent de la réunion certains qu’ils vont accueillir « un public accompagné ».

A cette occasion, le premier ministre, Manuel Valls, s’est engagé à créer de nouvelles places d’hébergement pour les réfugiés, dont le nombre précis sera donné lors du débat à l’Assemblée nationale consacré aux migrants mercredi. « Je reviendrai mercredi prochain — il y a encore des arbitrages à rendre — devant la représentation nationale, sur les renforts dont l’Etat se dotera », a dit le chef du gouvernement.

Il y a une semaine, l’idée de cette matinée s’est tout à coup imposée au ministre de l’intérieur. En rentrant de Rosny-sous-Bois, où il participait à une cérémonie en mémoire des victimes d’un incendie, M. Cazeneuve connaît déjà l’annonce présidentielle de lundi. Il sait que la France va s’engager à recevoir vingt-quatre mille réfugiés sur deux ans, mille dans l’immédiat, et qu’il faut trouver des hébergements. Il échange avec sa conseillère en communication, Clara Paul-Zamour, sur l’état de l’opinion, de la mobilisation de la société.

Deux jours auparavant, Christophe Borgel, député (PS), et quelques élus de la Haute-Garonne ont lancé un appel à accueillir des Syriens. La veille, c’est Martine Aubry qui s’est mobilisée à Lille. Bernard Cazeneuve évoque alors l’idée d’inviter à Paris ces maires qui souhaitent accueillir… Dès le lendemain, son souhait se concrétise avec l’envoi d’une lettre à tous les maires. Il s’agit de remercier les plus engagés et d’inciter les autres à l’action. Seule une large mobilisation de la société peut permettre à la France de relever dignement le défi qu’elle promet de relever.

Au cœur du week-end la « task force » de Beauvau est à l’œuvre. Depuis que la crise migratoire s’est accélérée, en août, le conseiller sur les migrations, Raphaël Sodini, la conseillère spéciale, Marie-Emmanuelle Assidon, et la conseillère en communication se réunissent matin et soir dans le bureau du directeur de cabinet, Michel Lalande. Les conseillers parlementaires ou le chef de cabinet s’y joignent en fonction des actualités. Ce petit groupe doit désormais rendre possible l’accueil décent de la vague historique de réfugiés que la France s’est engagée à accueillir.

Un défi immense

Quelques heures chaque jour, le bureau de Michel Lalande se transforme en poste de commandement d’où s’orchestre l’accueil immédiat des mille réfugiés et l’élaboration du plan pour les vingt-quatre mille qui s’étaleront sur deux ans. Ces derniers venant s’additionner aux six mille sept cents premiers réfugiés que la France, en juillet, s’était déjà engagée auprès de l’Europe à faire venir.

Dans un pays qui ne parvient pas à héberger plus de la moitié de ses demandeurs d’asile arrivés par la voie classique ; où 1,8 million de personnes attendent un logement social, le défi est immense. En lien avec Beauvau, trois autres lieux parisiens se mobilisent dès samedi : l’OFII, Office français de l’immigration et de l’intégration, la direction des étrangers de France (DGEF) et la préfecture d’Ile-de-France (PRIF).

Dans ses bureaux du 15e arrondissement, la PRIF est sur le pied de guerre. C’est la première fois depuis la grippe H1N1 en 2009 qu’une cellule de crise est activée dans ces murs. La secrétaire générale, Sophie Brocas, en prend la tête. Deux fois par jour, elle fait le point. « Les préfets font remonter les possibilités d’accueil, ils visitent les lieux, s’assurent de leur salubrité », observe-t-elle, mercredi, un immense tableau à la main.

« Dès que nous avons des hébergements prêts, nous signalons leur configuration à l’OFII afin qu’à Munich, où sont sélectionnés les réfugiés, on compose les bus en adéquation avec l’offre locale », rappelle Mme Brocas. « Il y a eu un véritable élan des grands réseaux du tourisme social, se réjouit-elle, au point que les marges dégagées dès aujourd’hui nous permettront de mieux appréhender les mises à l’abri hivernales, mais aussi de commencer à anticiper les arrivées suivantes », poursuit le préfet de région, Jean-François Carenco, qui n’oublie pas non plus qu’il va devoir héberger dans les prochains jours les quatre cent cinquante migrants du camp parisien d’Austerlitz qui seront évacués.

« Nous devons gérer simultanément trois temporalités, analyse Kléber Arouh, le préfet nommé coordonnateur national de l’opération réfugiés. En même temps que l’accueil immédiat, il nous faut penser la suite avec l’installation dans des logements pérennes des migrants rapidement devenus réfugiés. » La direction des étrangers, avec à sa tête un ancien du cabinet de Bernard Cazeneuve, Pierre-Antoine Molina, veille, elle, avec l’OFII, à accélérer l’octroi du statut de réfugié aux demandeurs classiques.

« Pour que le système fonctionne, il faut que l’administration soit capable de délivrer très rapidement le statut de réfugié », rappelle Pierre-Antoine Molina. Le défi est de réussir à le faire en deux semaines pour les réfugiés syriens, soudanais ou érythréens, afin qu’au bout de deux mois ils rejoignent un logement social, laissant la place à d’autres arrivants.

« Task force migrants »

Comme si la tâche n’était pas assez colossale, Bernard Cazeneuve voit une autre priorité se greffer sur ce défi : héberger dans les meilleurs délais les demandeurs d’asile de Calais. « Très vite on va nous demander pourquoi nous prenons en charge les gens que l’on va chercher en Allemagne, alors que les demandeurs d’asile calaisiens ne bénéficient pas du même accueil, pressent-il. Je souhaite donc que les demandeurs d’asile de Calais bénéficient aussi de la mobilisation nationale », martelait-il hier après un entretien avec la préfète du Pas-de-Calais. C’est-à-dire qu’on les loge rapidement.

À 12 heures vendredi, sa « task force migrants » réunie autour de lui a ajouté l’amélioration des conditions de vie à Calais à la liste des urgences. Une de plus pour le petit groupe mobilisé sur les migrations et les réfugiés. Rompus au rythme fou qui caractérise le quotidien de la Place Beauvau, ils ont cette fois la pression supplémentaire d’avoir un rendez-vous avec l’histoire. Au cas où l’un d’eux l’aurait oublié, le ministre ne se prive pas de le leur rappeler d’une voix étale, certes, mais qui ne souffre pas la contestation. « Dans des moments historiques comme aujourd’hui, il faut être professionnels et efficaces. Travailler tout le temps. Faire le job », ajoute-t-il avant de repartir à ses dossiers.

Vendredi soir, comme d’ordinaire, derrière sa grille d’honneur, l’hôtel particulier de la place Beauvau est resté longtemps allumé. Un peu plus que d’ordinaire encore.

1 000 euros par hébergement pour les communes

Les communes qui créent sur leur territoire des places pour les réfugiés recevront 1 000 euros par hébergement, a annoncé Bernard Cazeneuve aux maires réunis à Paris, samedi 11 septembre. Une aide complémentaire du même montant sera attribuée aux bailleurs qui acceptent de louer à une association assurant l’hébergement ou le logement de réfugiés. Cette somme complétera les dispositifs de l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat afin de remettre sur le marché des biens loués à un tarif social.

A ce dispositif financier s’ajouteront une augmentation des effectifs de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) et de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), ainsi que de nouvelles créations de places dans les centres d’accueil pour demandeurs d’asile.

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Mais à Béziers, Robert Ménard n’est pas partant pour la solidarité ...



[1Source : Europe1 le 12 septembre 2015 à 18h :
http://www.europe1.fr/societe/quell....