Histoire coloniale et postcoloniale

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commémoration de la fin de la guerre d’Algérie

lundi 21 mars 2016, par la rédaction

Le 19 mars 1962, l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en Algérie, est une date importante : la veille, le 18 mars, les accords d’Evian étaient signés entre la France et le FLN. Ce jour n’a pas marqué la fin des combats et des massacres de populations civiles, dont beaucoup étaient dûs à la folie meurtrière de l’OAS, mais dans la mémoire collective française, le 19 mars est l’anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie. D’où la décision du président de la République François Hollande de rendre hommage le 19 mars aux victimes de cette guerre.

Le 18 mars 2016, l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a publié une tribune dans Le Figaro pour contester cette décision : l’ancien chef de l’Etat critique la date choisie par François Hollande pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie, au prétexte que cette date ne marquerait pas la fin des combats – voyez la prise de position électoraliste de Christian Estrosi. En réalité on peut voir dans cette prise de position du leader des Républicains une manifestation de la “guerre des mémoires” dont l’objectif premier est de s’approprier le soi-disant vote pieds-noir.

Ci-dessous deux liens pour prendre connaissance du discours de François Hollande, suivis d’un communiqué de la FNACA réagissant, le 18 mars, à l’article de Nicolas Sarkozy.

Mis en ligne le 18 mars 2016, mis à jour le 21


Discours du président de la République, François Hollande, lors de la journée nationale du Souvenir Algérie-Maroc-Tunisie, le 19 mars 2016 :

Message de la FNACA pour le 19 mars

En bon pompier pyromane, l’ex-président de la République déplore, dans un billet du Figaro de ce jour, que la commémoration du cessez-le-feu du 19 mars 1962, « ravive la guerre des Mémoires ».

C’est la polémique qui ravive la guerre des Mémoires.

Prendre en compte la seule souffrance des Rapatriés et des Harkis à cette occasion, c’est oublier, de manière au moins aussi déplorable, que la population de notre pays est toujours composée de plus d’un million d’anciens soldats du contingent souvent engagés contre leur gré dans ce conflit, et aussi, des familles des 30 000 militaires tombés sur le sol d’Afrique du Nord entre 1952 et 1962.

C’est oublier que le cessez-le-feu du 19 mars 1962 a été ressenti avec soulagement par des milliers de familles, au point que celui-ci a été approuvé lors du référendum du 8 avril 1962 organisé par le général De Gaulle, par 90,8% de nos concitoyens.

C’est oublier que la seule association spécifique des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie, la FNACA, forte encore aujourd’hui de plus de 320 000 membres, rend hommage aux victimes de ces conflits, le 19 mars de chaque année…depuis 1963 !

C’est oublier qu’il existe dans notre pays, plus de quatre mille lieux de Mémoire, rues, places, portant la date du 19 mars 1962, que seules deux municipalités d’extrême droite ont osé débaptiser.

C’est oublier enfin que la Loi du 6 décembre 2012, instaurant une Journée Nationale du Souvenir et de Recueillement le 19 mars de chaque année, a été votée au Parlement, avec l’approbation d’un certain nombre de députés et sénateurs proches de M. Sarkozy.

C’est la polémique politicienne qui ravive la guerre des Mémoires.

Le moyen le plus convenable de rendre hommage à ceux qui ont sacrifié leur vie pour la France, au moment de la sonnerie « aux Morts », c’est le silence !

Paris, le 18 mars 2016