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combien y a-t-il de maires FN ?

samedi 18 octobre 2014

Lors des dernières élections municipales, c’est la liste Front national conduite par Joris Hébrard qui l’a emporté au Pontet (Vaucluse) ... de 7 (sept) voix. L’examen des listes d’émargement ayant fait apparaître un certain nombre de signatures litigieuses, l’élection municipale a été annulée [1].

Quand ils seront appelés à voter, les électeurs du Pontet n’oublieront pas que Joris Hébrard avait supprimé la possibilité de la gratuité de cantine, tout en augmentant sa propre indemnité mensuelle de 1 000 € — cette dernière décision a été annulée par la préfecture de Vaucluse.

Le Front national compte donc un maire de moins. Mais, le Canard enchaîné du 15 octobre nous apprend que des “frontistes honteux” commencent à sortir du bois. Le palmipède en aurait repéré une demi-douzaine. La question reste donc ouverte de déterminer le nombre de maires FN. La réponse à cette question a en réalité peu d’intérêt, les élections sénatoriales de septembre dernier ayant montré que le Front national a su séduire au-delà de son camp — le département du Var offre d’ailleurs une bonne illustration du phénomène.

Le FN compte un maire de moins,
mais on ne sait pas exactement combien il compte de maires

par Jean-Marie Pottier, Slate, le 16 octobre 2014


Le tribunal administratif de Nîmes a invalidé, ce jeudi 16 octobre, l’élection comme maire du Pontet (Vaucluse) de l’élu frontiste Joris Hébrard, en mars dernier. La justice a retenu des litiges sur les listes d’émargement du vote qui font planer un doute sur la régularité de celui-ci, qui s’était joué à seulement sept voix entre le nouvel élu et l’UMP Claude Toutain. Le maire invalidé devrait déposer un recours.

Le nombre de maires FN ou apparentés descend donc officiellement de onze à dix, selon le décompte généralement retenus par les médias : Fabien Engelmann (Hayange), Steeve Briois (Hénin-Beaumont), Cyril Nauth (Mantes-la-Ville), Franck Briffaut (Villers-Cotterêts), Julien Sanchez (Beaucaire), Philippe de la Grange (Le Luc), Marc-Etienne Lansade (Cogolin), ainsi que Stéphane Ravier (Marseille-7e secteur) et David Rachline (Fréjus) qui viennent d’être élus sénateurs, et enfin Robert Ménard (Béziers), élu avec le soutien du FN sans en être membre. Le FN avait lui revendiqué douze victoires le 30 mars, en ajoutant le candidat qu’il soutenait à Camaret-sur-Aigues, et on intègre aussi généralement à la liste des mairies d’extrême droite celles contrôlées par les époux Bompard, à Orange et Bollène.

Mais au-delà du cas Hébrard, ce décompte pourrait être déjà périmé dans les faits, comme le relève cette semaine Le Canard enchaîné sous le titre « Le FN régularise ses maires clandestins » : « On découvre que certaines communes rurales sont d’ores et déjà tombées dans l’escarcelle de Marine Le Pen », au besoin par l’intermédiaire du Rassemblement Bleu Marine, écrit l’hebdomadaire satirique. Alors que les villes conquises en mars faisaient toutes au moins 9.000 habitants, certaines communes beaucoup plus petites sont passées sous le radar (dans les quelque 27.000 communes de moins de 1.000 habitants, les candidats n’ont pas à déclarer une étiquette politique en préfecture).

Le Canard a relevé ces six exemples :

- Brachay (Haute-Marne, 58 habitants). Ce minuscule village est devenu une « vitrine » du FN en lui offrant son plus haut score à la présidentielle (plus de 72%). Marine Le Pen y effectue désormais sa rentrée politique et a offert à son maire, Gérard Marchand, sa carte du parti.
- Le Hamel (Oise, 170 habitants). Le maire, Jean-Jacques Adoux, a été suppléant de la candidate frontiste lors de la législative partielle de 2013.
- Saint-Bonnet-du-Gard (Gard, 780 habitants). La maire Sandrine Péridier figurait en deuxième position sur la liste FN aux sénatoriales, derrière le maire de Beaucaire Julien Sanchez.
- Saint-Maurice (Haute-Marne, 120 habitants). Le maire Michel Perrin siège au côté des frontistes au conseil régional Champagne-Ardennes.
- Tressandans (Doubs, 36 habitants). Le maire, Jacques Ricciardetti, était tête de liste FN aux sénatoriales.
- Villedieu-le-Château (Loir-et-Cher, 400 habitants). Le maire de la ville, Jean-Yves Narquin, vient d’être nommé délégué général du Rassemblement Bleu Marine. Toujours selon le Canard, il aurait notamment pour mission de « draguer » le vote des chasseurs en vue des régionales de 2015.

Bref, toutes communes confondues, le FN compte de plus en plus de maires plus ou moins « sympathisants », et la liste n’a sans doute pas fini de s’enrichir si l’on en juge par la percée du parti aux sénatoriales, où l’essentiel des élus proviennent des petites communes.

Jean-Marie Pottier


David Rachline

Les sénatoriales dans le Var : des grands électeurs UMP et PS ont voté FN

Selon le journal Var-Matin du 29 septembre 2014, le Front National comptait “seulement” 175 grands électeurs sur les 2 193 du département. Or David Rachline, a gagné son siège de sénateur avec 401 voix. Des grands électeurs PS et UMP auraient donc voté pour le maire FN de Fréjus.