Histoire coloniale et postcoloniale

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après l’échec des négociations ...

lundi 12 mai 2014

Alors que les pourparlers entre Israéliens et Palestiniens se sont arrêtés sur un échec, l’association Une autre voix juive rappelle ses prises de position en faveur d’une solution négociée du conflit.

Sur place, la situation ne s’améliore pas : l’écrivain Amos Oz dénonce les extrémistes juifs, auteurs d’une vague d’attentats racistes contre des Arabes, chrétiens ou musulmans, en Cisjordanie occupée – il les qualifie de « néo-Nazis hébreux ».

Après l’arrêt des négociations,
la situation au Proche Orient

par Pascal Lederer et Olivier Gebuhrer
co-animateurs d’Une Autre Voix Juive  [1]


Nous l’affirmons : le processus d’Oslo n’est mort que pour les forces qui ont intérêt à l’ensevelir sous les bombes et à la poursuite de la colonisation en Palestine.

Le cadre d’un règlement définitif, pour une Paix juste et négociée assurant le rétablissement des droits fondamentaux du peuple palestinien et la sécurité des deux peuples, israélien et palestinien, est universellement connu : il comporte trois volets indissociables.

Le retour d’Israël à ses frontières de 1967, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale partagée des deux États, israélien et palestinien, la reconnaissance par Israël de la résolution 194 de l’ONU sur le caractère imprescriptible du « Droit au retour » dont l’application est à négocier entre les parties, la sécurité pour les deux peuples.

En rappelant cela, avec Une Autre Voix Juive, nous ne nous substituons pas aux forces en présence au Proche–Orient ; nous ne faisons que souligner la possibilité et la nécessité d’un accord dont les contours sont aujourd’hui largement acceptés au plan mondial.

Et maintenant ? L’accord gouvernemental inter-palestinien qui vient d’intervenir est un espoir : en l’acceptant, le Hamas en finit explicitement avec son rejet d’Israël comme l’OLP l’avait fait depuis des années.

La Mission Kerry a un temps laissé planer l’idée d’un engagement nord-américain nouveau ; mais les États-Unis ont louvoyé, même s’ils condamnent du bout des lèvres les décisions irresponsables du gouvernement israélien.

Or, nous sommes à la veille d’un scrutin à l’échelle de l’Union Européenne : il est temps que cessent les palinodies ; l’UE peut et doit se prononcer clairement et user de toute son influence politique pour amener les dirigeants israéliens à négocier enfin sérieusement ; cela passe par l’arrêt immédiat de la colonisation, la libération immédiate de tous les prisonniers politiques avec au premier rang Marwan Barghouti.

Cela passe par la réaffirmation des conditions d’Oslo. En abandonnant les postures politiciennes, l’UE conduirait le gouvernement israélien à ne pouvoir se dérober ; la menace jusque-là brandie de façon ambiguë, consistant à rompre les accords existants entre l’UE et Israël, conclus dans la précipitation, doit être mise en œuvre avec esprit de suite si d’aventure le gouvernement israélien cherchait une nouvelle échappatoire. Manuel Valls l’avait dit sans équivoque au temps où il n’était pas ministre.

La prétention de voir reconnu Israël « comme État Juif » fait partie de ces échappatoires. Nul besoin de chercher des raisons profondes de s’y opposer : cette exigence est contraire, dans la lettre et l’esprit, à la Déclaration d’Indépendance d’Israël par laquelle le nouvel État se déclare lié aux résolutions de l’ONU.

Ce qui fait défaut aujourd’hui c’est la volonté politique de l’UE et des USA. Le peuple palestinien n’a pas besoin de bonnes paroles ni d’aumônes des « bailleurs de fonds » ; il veut construire son État comme il l’entend, dans le respect des résolutions de l’ONU et dans la coopération mutuellement avantageuse et pacifique avec l’État d’Israël .

Avec Une Autre Voix Juive , nous poursuivrons ce combat sans désemparer.

L’écrivain Amos Oz qualifie les extrémistes juifs de “néo-nazis hébreux”

[extraits de La Libre Belgique, le 12 mai 2014]


Le quotidien Haaretz rapporte sur son site que le célèbre écrivain israélien, Amos Oz, a qualifié de « néo-nazis hébreux » les extrémistes juifs auteurs d’une vague d’actes racistes contre les chrétiens et les musulmans [2].

D’après le journal, Amos Oz a jugé que le terme de « prix à payer », largement employé pour désigner ces attaques contre des Palestiniens et des Arabes israéliens par des extrémistes juifs, était un euphémisme.
Il s’agit de « monstres » qui doivent être appelés pour ce qu’ils sont : « des groupes néo-nazis hébreux », a-t-il indiqué vendredi dernier à des invités à l’occasion de son 75e anniversaire.

« Nos groupes néo-nazis bénéficient d’un soutien de nombre de nationalistes et même de parlementaires racistes, ainsi que de rabbins qui leur fournissent, de mon point de vue, une justification pseudo-religieuse », a ajouté Amos Oz. [3]


[1Ce texte a été publié dans l’Humanité du 9 mai 2014. Référence : http://uavj.free.fr/UAVJtxt84.html.

[3Le quotidien belge Le Soir a publié le 25/26 janvier 2014 un reportage sur les « Jeunes des collines » : plusieurs milliers de fanatiques du « suprématisme » juif, animés par la haine, se livrent à des déprédations dans les villages palestiniens et terrorisent la Cisjordanie. Les autorités israéliennes ont élevé la voix contre ces terroristes, mais sur le terrain, l’armée laisse faire.