Histoire coloniale et postcoloniale

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17 octobre 1961

Une Nuit Blanche pour commémorer le massacre

vendredi 6 octobre 2017

Deux artistes, Jeanne Gillard et Nicolas Rivet, s’emparent de l’évènement parisien "Nuit Blanche", dont le thème est cette année "faire œuvre commune", et proposent un événement participatif afin de ne pas oublier la répression sanglante de la manifestation pacifique des immigrés algériens, le 17 octobre 1961. « Des personnes, militant depuis plus de quarante ans pour la reconnaissance du 17 octobre 61, nous disaient qu’il manquait un maillon, dans la chaîne, pour la transmission. C’est une génération plutôt vieillissante et la jeune génération s’occupe très peu de ces choses-là » explique Jeanne Gillard au "Courrier de l’Atlas". On lira ci-dessous leur appel à participation.

Nuit blanche 2017

Contexte

Le 5 octobre 1961, en pleine guerre d’Algérie, un couvre-feu est promulgué par le préfet de police de Paris Maurice Papon. La mesure touche ceux qui sont désignés comme « Français musulmans d’Algérie », rendant leur vie quotidienne intenable. Le 17 octobre, ils sont des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants, à braver le couvre-feu pour venir manifester pacifiquement dans la capitale. La police, chauffée par les exhortations à la fermeté du préfet de police, réagit avec une rare brutalité. Le nombre de morts ? On ne le saura jamais exactement. Plus d’une centaine, certainement.

Puis c’est le silence. Les autorités politiques, après avoir planifié et exécuté le crime, ne s’estiment pas obligées d’en rendre compte. Ce crime d’État demeure de nos jours impuni. Il a frappé des citoyennes et des citoyens pacifiques qui réclamaient simplement leurs droits. Il continue de nous parler à travers les temps et les révoltes soudaines et imprévues des peuples que l’on croyait soumis.

Nuit blanche, samedi 7 octobre 2017, à partir de 19 h

Ce projet mémoriel souhaite rendre hommage au courage et à la détermination des manifestant-e-s de la nuit du 17 octobre 1961 par un geste anonyme et silencieux le soir de la Nuit blanche.

Ce geste consiste à allumer les feux en veille de son véhicule de transport (voiture, vélo, moto, scooter, etc.) et le laisser stationner de 20h30 à 02h00 dans une rue du quartier de la Chapelle (18e).

Des places de stationnements réservées dans le quartier sont mis à disposition gratuitement aux participants.

Les voitures mises à disposition seront vérifiées par l’équipe technique au moment de leur restitution afin de s’assurer qu’elles sont restituées en excellent état.

Nous vous remercions de vous inscrire en appelant le 07 69 89 12 39 ou par email à l’adresse : contact@octobre-paris.info en précisant votre nom et numéro de téléphone.

Un site rassemble des documents autour du 17 octobre 1961.

Le collectif Au nom de la mémoire manifeste au procès Papon en octobre 1997

La présentation par la Mairie de Paris :

Comment se construit la mémoire collective ? Et n’y a-t il par la suite que des édifices ou des monuments pour la représenter ? Couvre-feux est un signe dans la nuit, un geste commun activé par un groupe de citoyens en mémoire du 17 octobre 1961. À cette date, des manifestants pacifiques désignés comme Français Musulmans d’Algérie se faisaient massacrer par la police, dirigée par le préfet Papon, dans les rues de Paris. En regard de ces signaux silencieux, un site en ligne retrace le parcours accompli par les initiatives qui perpétuent la mémoire d’octobre 1961 malgré la raison d’État.

Le projet Couvre-feux s’est construit en concertation avec la journaliste Samia Messaoudi, responsable de l’association Au nom de la mémoire ainsi que des associations de quartier de la région parisienne.