Histoire coloniale et postcoloniale

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Hommage au fondateur de ce site

Toulon, épicentre et bastion
de l’idée coloniale,
par François Nadiras

mercredi 8 août 2018

Dans le cadre de « L’encyclopédie de la colonisation française » publiée par l’éditeur Les Indes savantes et dont les deux premiers volumes sont parus en 2017, le directeur de l’ouvrage, Alain Ruscio, avait sollicité François Nadiras, pour qu’il rédige un article sur Toulon et la colonisation. Il avait envoyé un texte qu’Alain Ruscio a proposé à notre site de publier, en hommage à son auteur décédé le 28 août 2017. Il paraîtra dans un prochain volume de cette encyclopédie. Nous y ajoutons l’intervention prononcée, le 1er septembre 2017, au nom de la Ligue des droits de l’homme, par Gilles Manceron, lors des obsèques de François Nadiras, à Cuers.

L’idée coloniale, une tradition ancienne et profonde à Toulon

par François Nadiras [1].

Place de la Liberté à Toulon
(photo "La Marseillaise")

Le rôle de Toulon sera central dans la construction du second empire colonial, au point de disputer un temps à Marseille le titre de capitale coloniale de la France. La progression de la population stable de la ville, passant de 22 000 habitants en 1800 à près de 100 000 un siècle plus tard, témoigne de l’importance du développement local induit par la politique coloniale. Les décennies ont passé. Toulon reste aujourd’hui encore, par ses monuments, très marquée par l’histoire coloniale.

Le port de guerre de la Méditerranée

C’est de Toulon que partit l’expédition d’Egypte le 19 mai 1798. On connaît le fiasco militaire qui termina cette expédition en 1801. Il faudra attendre juin 1830 pour que la France se lance dans une nouvelle aventure coloniale d’importance, vers l’Algérie. L’importance de la flotte qui se met en place à Toulon montre qu’il s’agissait bien dans l’esprit des autorités françaises, d’une conquête et non d’une simple expédition punitive : 675 bâtiments (103 navires de guerre et 572 bâtiments de commerce), pour 37.659 hommes (Infanterie : 30.852 ; Cavalerie : 534 ; Artillerie : 2.327 ; Génie : 1.310 ; Ouvriers : 828 ; Train des équipages : 851 ; États-majors : 830 ; Force publique : 127 [2]). Ces navires transportaient 70.000 tonnes de matériel divers [3].

L’expédition d’Alger avait deux objectifs : la maîtrise du commerce en Méditerranée et une justification de politique intérieure, redorer l’image d’un gouvernement impopulaire. Mais aussi une justification : « Trop long-temps opprimé par une milice avide et cruelle, l’Arabe verra en nous des libérateurs. Il implorera notre alliance ; rassuré par votre bonne foi, il apportera dans nos camps le produit de son sol » (Comte de Bourmont, Proclamation, Toulon, 10 mai 1830) [4]… « Cette terre, près de laquelle expira le Roi-Saint, recevra l’honneur d’une nouvelle croisade, et c’est de Toulon que partent les guerriers qui iront planter l’étendard chrétien et l’oriflamme de la France… » (Marquis de Salvo, Toulon, le dix-neuf mai 1830, 1830) [5].

Il n’y avait pas que des militaires dans l’expédition d’Alger. Un chroniqueur de l’époque raconte l’ambiance à Toulon : « Les rues, les quais, les places publiques étaient remplis de matelots, de soldats, mais aussi de marchands, de spéculateurs et de toutes catégories d’intrigants, usuriers, fripons, et désœuvrés qui se traînaient à la suite des armées dans l’espoir d’avoir quelque part au butin, en se mettant à la remorque de quelques fournisseurs ou de quelques sous-traitants. De toutes les parties de la France, on était venu en Provence pour jouir du coup-d’œil des apprêts de cette grande expédition dont le commerce de la Méditerranée devait retirer de si grands avantages ». Puis vint le jour de l’appareillage : « À cinq heures, “La Provence“ se mit sous voiles, et à la chute du jour, il ne restait plus qu’un seul vaisseau dans ce port, qui, quelques heures auparavant, contenait toute la marine française. “Alger ! Alger !” criait-on de toutes parts, comme les Romains criaient “Carthage !” »J [6].

De nos jours, cette date est rappelée par une grande plaque sur l’une des digues protégeant les plages du Mourillon à Toulon avec l’inscription suivante : « De cette rade, le 25 mai 1830, sur ordre du Roi Charles X, une flotte commandée par l’Amiral Duperré comportant 103 bâtiments de guerre et 500 navires de commerce armés par 20.000 marins, transportant un corps expéditionnaire de 35.000 hommes aux ordres du Général de Bourmont, Ministre de la Guerre, appareilla vers Alger afin de rendre la Liberté à la Mer et de faire de l’Algérie une terre de progrès que plus d’un siècle de travaux et de combats en commun devait unir à la France par des liens de fraternité ».

Dans le sillage de la conquête, c’est Toulon qui, dans les premières années, est la ville la plus algérienne de France. C’est là que commencent à affluer les premiers colons, alléchés par un tableau quelque peu idéalisé de la nouvelle terre conquise. C’est là que, parfois, d’autres, reviennent, déçus. C’est là aussi, évidemment qu’ont lieu tous les mouvements de troupes. Un service hebdomadaire de bateaux existe dès 1833. C’est au Fort Lamalgue qu’Abd el Kader sera détenu quatre mois (décembre 1847- avril 1848), avant son transfert à Pau [7].

Cette vocation est illustrée par un monument, peut-être le premier de ce type, exaltant la vocation de la France d’apporter la civilisation au reste de l’humanité : la sculpture, œuvre du sculpteur Louis-Joseph Daumas, représente un homme nu pointant l’index vers le Sud en tournant le dos à la ville — ce qui lui valut le sobriquet Cuverville —. L’inauguration eut lieu le 1er mai 1847, en présence du Maire Paul Garnier, qui souligna à cette occasion l’importance de l’allégorie : « Éclairer et civiliser le monde, voilà le seul empire que doivent ambitionner les nations ».

Le second épisode célèbre qui mit le Toulon colonial en évidence fut la pratique des mariages au tambour [8]. En 1838, le général Bugeaud avait déclaré que « le meilleur moyen de réaliser la colonisation de l’Algérie était la fondation de colonies militaires ». Gouverneur général de l’Algérie de 1840 à 1847, il tenta de la mettre en pratique, en organisant des mariages de futurs colons avec des orphelines de Toulon. Le 10 juillet 1842, il s’adressa au ministre de la guerre. Après avoir rappelé que « jusqu’à présent, la population du village militaire de Fouka se compose de 60 colons tous célibataires », il poursuivait : « M. le Maire de la ville de Toulon avec lequel je me suis mis en rapport pour cet objet a fait rechercher les filles modestes, laborieuses, à choisir soit parmi les jeunes personnes élevées à l’hospice soit dans des familles honnêtes d’artisans et de cultivateurs. J’ai lieu d’espérer que le Conseil Municipal de Toulon accueillera favorablement l’appel que je lui ai fait pour l’engager à voter de son côté une certaine somme pour la dot des jeunes filles […] [9] ». Dès août, 20 soldats, sélectionnés personnellement par Bugeaud, partirent à Toulon et y rencontrèrent vingt « filles modestes, laborieuses ». Dix-sept de ces rencontres quelque peu arrangées se solderont par des mariages. Les couples (re)partirent en Algérie trois mois plus tard.

Après un peu plus d’une décennie de prospérité, cet âge d’or algérien s’achèvera, et Toulon sera progressivement supplanté par Marseille.

Les maristes

Au cours des années 1840, la Société de Marie envoya à Toulon ses missionnaires en partance pour l’Océanie. Cela leur permettait de profiter des bateaux de la Marine en escale sur leur trajet vers l’Océanie. En 1845 une communauté mariste installe à La Seyne, commune mitoyenne de Toulon, une résidence missionnaire qui sera la base arrière de ses missions. Elle y créa une école, puis un collège en 1849, aujourd’hui lycée privé.

Lors d’une conférence donnée le 1er juin 2015, consacrée aux « Maristes de La Seyne… de 1849 à la Seconde Guerre mondiale », un ancien professeur d’Histoire et Géographie de l’Établissement décrivait ainsi l’ambiance du collège : « Le collège adopte l’esprit, les traditions de la Marine », et il poursuivait en illustrant ces propos : « En 1930, le général Gelin, militaire colonial, lors d’une conférence “invite des élèves de l’Institution… élite de la jeunesse française, à embrasser la carrière coloniale notamment comme officier ou administrateur, afin de travailler à la grandeur, au développement et à la prospérité des colonies”. En 1937 le général de Raymond, président du Comité Toulonnais de la semaine coloniale fait un exposé sur la haute mission civilisatrice de la France. L’idée coloniale est de fait fortement soutenue au sein de l’Etablissement [10] ».

Toulon, capitale de l’opiomanie française ?

Grand port militaire, Toulon vit débarquer plusieurs générations d’officiers et de marins venus des quatre coins de la terre. Et, parmi eux, ceux qui avaient fait un séjour plus ou moins long en Extrême-Orient. À la veille de la Première Guerre mondiale, il y a plusieurs centaines de fumeries en métropole [11]. Dont Toulon : il y aurait eu à ce moment 163 lieux de consommation, habitations individuelles comprises [12]. Claude Farrère, lui-même officier de Marine, ayant séjourné en Extrême-Orient, décrit avec une complaisance à la limite de la complicité les fumeries de Toulon fréquentées par des officiers de Marine [13]. Des descentes de police commencent à se multiplier. En décembre 1906, la presse signale une fermeture de fumerie clandestine, à Toulon [14]. Malgré ces campagnes, la consommation ne semble pas baisser. Six années plus tard, malgré un titre flamboyant (« Guerre à l’opium »), un autre périodique montre l’impuissance des autorités : la Sûreté générale de la Marine, apprend-on, enquête à Marseille et à Toulon : « L’on va étudier le moyen d’empêcher l’importation du terrible poison. Les courriers venant d’Asie, de Chine et du Japon, seront examinés, et les boys chinois seront l’objet d’une étroite surveillance » (La Lanterne, 18 mai 1913).

« Le lieu le plus colonialiste de France » (Jacques Le Goff)

Tous les grands moments de l’histoire coloniale seront particulièrement fêtés à Toulon. Lors des cérémonies dites du Centenaire de l’Algérie, c’est de cette ville que le président Doumergue partit (3 mai 1930). Nul ne se trompa sur la valeur symbolique des lieux et des dates : un siècle plus tôt, à quelques jours près, c’était l’escadre de la conquête qui partait de la même ville…

Jacques Le Goff [15] est né le 1er janvier 1924 à Toulon. Il y a passé une grande partie de son enfance qu’il évoque dans un livre d’entretiens avec Marc Heurgon Une vie pour l’histoire [16] : « Nous habitions dans un immeuble près du marché, sur le cours La Fayette (…). C’était tout un ensemble de bruits, de couleurs (…). J’étais encore tout jeune, lorsque, au lycée en particulier, j’ai été soumis à une pression sociale formidable pour m’amener à faire partie de la Ligue maritime et coloniale. Il s’agissait d’une institution quasi officielle dont le rôle, dans le Toulon des années trente, n’a pas été suffisamment étudié à ma connaissance ; dommage, car cela en vaudrait la peine. La Ligue avait pour mission de développer l’admiration et la reconnaissance à l’égard des marins et soldats, qui avaient conquis et administré l’Empire. On organisait pour les jeunes des visites de bateaux ou de casernes, des rencontres avec des officiers. J’avais une dizaine d’années et aucune conscience politique, mais j’ai été horrifié par les propos tenus dans ces rencontres, empreints de l’exaltation du héros militaire, de racisme et de colonialisme (…). Pour moi, cette expérience de Toulon est restée fondamentale. J’ai vraiment passé mon enfance dans le lieu le plus colonialiste de France. Qu’on ne vienne pas me dire que Toulon est devenu une ville d’extrême droite avec l’arrivée des “pieds-noirs“, après 1962. Certes, il faudra attendre 1995 pour que Toulon devienne officiellement la plus grande ville de France administrée par le Front national, mais pour moi, c’est d’abord le résultat d’une tradition, vieille et profonde ».

Les continuateurs

En historien méticuleux, Jaques Le Goff avait écarté l’interprétation de l’attachement d’une partie de la population de Toulon aux traditions coloniales par la présence d’une forte population d’Européens d’Algérie. Mais le fait est que cet afflux a encore accentué cet attachement.

En 1980, Toulon fut la seconde ville (après Nice) à ériger un monument à l’Algérie française : « Sur un terrain situé Porte d’Italie, et donné par la municipalité de Toulon (Var), un Comité de la stèle animé par le colonel Reymond, ancien membre de la municipalité toulonnaise, a fait édifier un monument, d’environ 2 mètres de haut sur 6 mètres de large. Sur ce monument, construit en pierre et dû au sculpteur Pierre Cartereau, figurent les mots : « L’Algérie française. A tous ceux, Européens et musulmans, qui, souvent au prix de leur vie, ont pacifié, fertilisé et défendu sa terre. 1830-1962 ».

Un bas-relief représente un parachutiste couché, dont les épaulettes sont arrachées, et on lit la formule « Pour une parole donnée » (allusion à la promesse de garder l’Algérie française). Beaucoup ont reconnu dans ce parachutiste Roger Degueldre, lieutenant du 1er régiment étranger de parachutistes, déserteur, créateur des commandos Delta de l’OAS, condamné à mort par la Cour de sûreté de l’État et fusillé au fort d’Ivry, le 6 juillet 1962 — Voir, sur ce monument, l’article de ce site, du 19 mars 2006 : « Toulon - Marignane : histoires de stèles et de plaques » —. Le monument, dont le financement a été assuré par souscription, avait été détruit par l’explosion d’une charge de plastic le 8 juin » (Le Monde, 19 juin 1980) [17].

Photo "La Marseillaise"

Cette tradition ne s’est jamais démentie. Le 25 mai 2006 eut lieu à Toulon une manifestation assez originale, à l’appel d’un Collectif pour la commémoration de la fin de l’esclavage barbaresque, regroupant l’extrême droite et une partie de la droite locales (Association pour la Mémoire de l’Empire Français, ADIMAD-OAS, Cercle Algérianiste-Hyères, Chrétienté-Solidarité, Cercle National des Rapatriés, Cercle Algérianiste-Draguignan, Collectif Aixois des Rapatriés, Cercle National des Combattants…) [18].

C’est Toulon que choisit Nicolas Sarkozy, alors candidat à la magistrature suprême, pour exalter « le rêve européen », lié au « rêve méditerranéen », illustré à ses yeux par « Bonaparte en Egypte, Napoléon III en Algérie, Lyautey au Maroc (…), ce rêve qui ne fut pas tant un rêve de conquête qu’un rêve de civilisation » [19].



Bibliographie

* Maurice Agulhon (dir), Histoire de Toulon, Toulouse, Privat, 1980.
* Jacques Le Goff, Une vie pour l’histoire, entretiens avec Marc Heurgon, Paris, La Découverte, 1996.
* Dominique Legenne, Var Terre d’histoire, Aix, Actes Sud, 1999.
* Gilles Manceron, Marianne et les colonies, Paris, La Découverte, 2003.
* même auteur, Le tournant colonial de la République, Paris, La Découverte, 2007
* Louis-José Barbançon, L’archipel des forçats, Lille, Presses Universitaires du Septentrion, 2013.



Une œuvre que nous te promettons de continuer

Intervention prononcée, au nom de la Ligue des droits de l’homme, par Gilles Manceron, lors des obsèques de François Nadiras, le 1er septembre 2017, au crématorium de Cuers.

Avec la mort de François, la Ligue des droits de l’homme perd un militant dont la fermeté dans les convictions s’ajoutait à une patience et une convivialité qui avaient quelque chose de rare. Dans un monde où les engagements peuvent parfois dériver vers des emportements ou des exclusives, son calme et son goût du dialogue étaient frappants.

Quand l’inacceptable était intervenu aux élections municipales de Toulon en 1995, il avait considéré qu’on ne pouvait pas « rester les bras ballants » et rejoint cette association dont il a ensuite partagé tous les combats et animé avec ardeur une section locale. Mais ça ne l’empêchait pas de garder une totale indépendance d’esprit.

Si j’essaie de dire quelques mots personnels sur ce militant que j’ai d’abord rencontré brièvement, à la fin des années 1990, lors de congrès, et mieux connu ensuite, au début des années 2000, autour de la défense d’archivistes à qui on faisait payer leur témoignage courageux contre l’odieux Papon pour défendre un chercheur rigoureux, je dirais qu’il était un curieux mélange de fidélité à l’organisation dont il était membre et de totale indépendance d’esprit. Il ne bougeait pas d’un iota quand, par exemple, il se trouvait face à une historienne qu’il admirait mais qui, pour lui, ne défendait pas suffisamment ces archivistes.

A Toulon, François avait vite perçu combien l’idéologie héritée de la colonisation était l’un des soubassements majeurs des influences funestes. Il amenait ses visiteurs voir cette plaque posée là d’où est partie en 1830 une expédition de conquête dont les conséquences persistent encore aujourd’hui. Il faut dire que, nommé à la Guadeloupe, au milieu des années 1960, pour son premier poste d’agrégé, sa rencontre avec une société profondément imprégnée de racisme colonial avait provoqué en lui une aversion durable pour cette idéologie et ses conséquences. D’où son idée de créer un site internet pour documenter et pour combattre patiamment l’ignorance et les mythes. Il s’y est consacré entièrement quand il a du arrêter son enseignement.

Quand a été votée la loi du 23 février 2005 qui enjoignait aux enseignants de montrer les « aspects positifs de la colonisation », le fait qu’il ait déploré que son association n’agissait pas avec davantage de force pour la dénoncer n’a pas débouché sur des protestations mais sur la volonté de prendre ses propres responsabilités. Il a pris l’initiative d’une pétition nationale, publié sur son site de nombreux articles, qui ont contribué, parmi d’autres initiatives, à ce que les plus hautes autorités de la République aient du revenir sur elle.

Plutôt que de s’attarder sur les manques de sa propre association dans les domaines qui le préoccupaient, il s’est attaché à prendre lui-même des initiatives, dans la discrétion et la modestie, et en se tenant à l’écart des polémiques inutiles. Le nombre des hommages exprimés lors de son décès témoignent de l’influence discrète qu’il a exercée. Toujours mesuré et respectueux des personnes, il était heureux quand, par exemple, telle ou telle personnalité du monde des rapatriés d’Algérie entamait avec lui un débat contradictoire mais sincère.

L’histoire et la mémoire coloniales n’étaient pas ses seuls sujets de mobilisation. La LDH a rendu hommage à ce militant auquel aucun droit, aucune liberté n’échappait à la vigilance. Solitaire dans ses efforts, il était aussi entouré de beaucoup d’amis. Il revient à tous ceux qui ont travaillé avec lui de poursuivre son combat. Quand sa maladie a progressé, il a fallu qu’il cherche avec ceux qui l’avaient aidé à faire vivre son site une solution qui en assure la continuité. Il a voulu que la partie vouée à la connaissance de la colonisation et de ses séquelles soit gérée par une association d’historiens et de citoyens persuadés comme lui de l’importance de cette question.

François, ton combat, nous te promettons de le continuer. 


[1François Nadiras, Toulonnais, infatigable animateur du site LDH-Toulon, riche en particulier d’études sur la question coloniale, est décédé le 28 août 2017, sans avoir eu le temps de connaître la publication de cette notice. Toute notre équipe salue sa mémoire. Le Site LDH-Toulon a depuis été repris par ses amis sous le titre Histoire coloniale et post-coloniale (http://histoirecoloniale.net).

[2« Forces de l’expédition d’Alger », Le Pirate, 41è livraison, 1830 ; général Bardin, article « Guerre de 1830 ou guerre d’Alger », in Dictionnaire de l’armée de terre ou Recherches historiques sur l’art et les usages militaires des anciens et des modernes,Vol. IX, Paris, Libr. Militaire, Maritime & Polytechnique de J. Corréard, déc. 1848 (Gallica) (chiffres confirmés, en gros, par toutes les études historiques ultérieures).

[3Vincent Joly, Guerres d’Afrique. 130 ans de guerres coloniales. L’expérience française, Paris, Presses universitaires de Rennes, Coll. Carnot, 2009.

[4Cité par le colonel-marquis de Bartillat, Coup d’œil sur la campagne d’Afrique en 1830 et sur les négociations qui l’ont précédée, avec les pièces officielles dont la moitié était inédite, Paris, chez Delaunay & Dentu, Libraires au Palais-Royal, juin 1831 (Ouvrage paru sans nom d’auteur. Le même Bartillat publiera en 1832, sous son nom, une Relation de la campagne d’Afrique).

[5Marseille, Impr. M. Achard (Gallica) (ouvrage paru sans nom d’auteur. Une notation manuscrite sur l’exemplaire de la BNF a précisé ce nom).

[6Jean-Toussaint Merle, Anecdotes historiques pour servir à l’histoire de la conquête d’Alger en 1830, À Paris, Chez A. Dentu, Imprimeur-Libraire, 1831 (Gallica), repris in La prise d’Alger racontée par un témoin, Paris, Éd. Henri Jonquières, 1930.

[7Maurice Agulhon, in Histoire de Toulon, chapitre 6, op. cit., page 212.

[8Voir cette entrée dans L’encyclopédie de la colonisation française.

[9Les Foukassiens, archives et documents rassemblés par Roger Leuwers http://leuwers.club.fr/index.html.

[10Lionel Roos-Jourdan, « Les maristes de La Seyne… » in Le Filet du pêcheur, bulletin n°135, juin 2015 de l’ASAM (Les Amis de La Seyne ancienne et moderne), pages 32 à 43. http://seynoise.free.fr/seyne_ancienne_et_moderne/filet_du_pecheur/2015/135.pdf

[11Rouxier-Dorcières, « Réponse à M. Farrère », Le Matin, 13 mai 1913.

[12Chiffre probablement même inférieur à la réalité. Voir Ambre Mingaz, Var-Matin, supplément, 25 mars 2012, Site Passion-Provence, http://www.passionprovence.org/archives/2013/05/06/27095169.html

[13Les petites alliées, Paris, Ollendorff, 1910.

[14« Les fumeries d’opium », Le Petit Parisien, 8 décembre 1906.

[15Il nous avait autorisé à en faire paraître des extraits après nous avoir redit son « profond attachement à sa ville natale. Cet attachement qui lui fait souhaiter que les Toulonnais se débarrassent de leurs préjugés ».

[16Op. cit.

[17Cité par François Nadiras, « Toulon-Marignane : histoires de plaques et de stèles », in Sébastien Jahan & Alain Ruscio (dir.), Histoire de la colonisation. Réhabilitations, falsifications et instrumentalisations, Paris, Éd. Les Indes Savantes, 2007.

[18Claude Gauthier, « Commémoration à Toulon de la “fin de l’esclavage barbaresque“ », La Marseillaise, 28 mai ; Site Internet LDH-Toulon.

[19Discours, Toulon, 7 février 2007. Presse française, 8 et 9 février 2007.