Histoire coloniale et postcoloniale

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Rony Brauman révolté

vendredi 1er août 2014

Rony Brauman au journal de Arte le 30 juillet 2014.

Rony Brauman est un médecin (spécialisé en pathologie tropicale) de nationalité française né le 19 juin 1950 à Jérusalem (Israël). Il est principalement connu pour son rôle dans l’humanitaire.

Rony Brauman dénonce le carnage à Gaza de “Tsahal”


Transcription

Je suis écœuré, révolté, par le carnage continu que l’armée israélienne est en train d’infliger dans ce territoire transformé en une prison depuis maintenant huit ans, sans que d’ailleurs la communauté internationale organisée c’est-à-dire l’ONU, l’Union européenne, bref les différents acteurs de la société internationale, ne semblent trouver à y redire.

Donc, à la fois on enferme de façon illégale, illégitime, inhumaine, une population entière dans une véritable cage et, en plus, parce
qu’elle se révolte, on la matraque et on se livre à une véritable boucherie, car c’est le terme qui, à mon avis, convient
Lorsque ça se passe en Syrie ou lorsque c’est supposé se passer en Libye, on entend toutes sortes de voix s’exprimer, mais dès qu’il s’agit d’Israël, c’est le silence comme si une sorte d’embarras ... ou un interdit peut-être sur toute critique concernant Israël.

On interdit les manifestations qui veulent exprimer
une solidarité avec la population de Gaza qui est martyrisée.
On manifeste publiquement, je veux dire l’État, le gouvernement français, manifeste publiquement sa compréhension — je mets des guillemets — vis-à-vis de la réaction israélienne à Gaza.

Pour moi, c’est ça le problème, ce n’est pas le déficit
de réponse d’intellectuels, de figures plus ou moins morales, c’est le déséquilibre manifeste dans les réactions politiques face à la
situation au Proche-Orient.


Biographie [1]

Rony Braumanl est l’ancien président de Médecins sans frontières France (de 1982 à 1994) et est professeur associé à l’Institut d’études politiques de Paris (1994-1997). Il est lauréat du Prix de la Fondation Henri Dunant 1997. Il est Directeur de recherches à la Fondation Médecins sans Frontières et participe aux travaux du Crash, le Centre de réflexion sur l’action et les savoirs humanitaires. Il est chroniqueur au magazine trimestriel Alternatives Internationales.

En 1999, il est coréalisateur avec le cinéaste israélien Eyal Sivan d’un documentaire Un spécialiste, portrait d’un criminel moderne sur le procès d’Adolf Eichmann (1961) dont le scénario est basé sur l’essai Eichmann à Jérusalem de la philosophe Hannah Arendt.

Il signe, en août 2006, un appel contre les frappes israéliennes au Liban, paru dans Libération et L’Humanité.

Il déclare, en novembre 2006, dans l’émission Salut les Terriens, à propos d’Israël « Je pense que si j’avais été, à l’époque, en situation de prononcer un jugement, je ne crois pas que j’aurais été favorable à la création de l’état d’Israël [...] ».

En 2010, Rony Brauman proteste contre la mise en avant de la Fondation de France dans la récolte et la gestion primaire des fonds et de l’utilisation massive des médias comme éléments de « propagande » — selon lui — dans la mobilisation des donateurs lors des catastrophes humanitaires (tsunami, Haïti…).

En mars 2011, il s’oppose à l’intervention militaire en Libye dans laquelle la France est engagée. « Ce qui me gêne dans cette opération, c’est qu’on prétend installer la démocratie et un État de droit avec des bombardiers. Je ne sais pas où cette idée a été puisée, mais ce que je vois c’est qu’à chaque fois qu’on a essayé de le faire, non seulement on a échoué mais le remède qu’on prétendait apporter était pire que le mal [2] », dénonce notamment l’ancien président de Médecins sans frontières. Il s’est également opposé, le 22 août 2012, sur France Inter, à une opération militaire en Syrie. En revanche, le 29 août, dans une interview publiée dans le journal Le Monde, il s’est dit favorable à ce que les Occidentaux fassent des frappes ciblées en Syrie. Il y explique pourquoi les attaques chimiques sont, selon lui, bien plus répréhensibles que la tuerie de masse par bombardement et pourquoi on doit, dans certains cas, s’affranchir du Conseil de sécurité de l’ONU.