Histoire coloniale et postcoloniale

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Des combats de Jean-Jacques de Félice à aujourd’hui

Quelle décolonisation en Kanaky/Nouvelle-Calédonie ?

samedi 27 octobre 2018

Le 4 novembre 2018, les 174 154 électeurs de Kanaky/Nouvelle-Calédonie, qu’ils soient « sous statut civil coutumier » ou « sous statut civil de droit commun », sont appelés par référendum à répondre par OUI ou NON à la question « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? ». Trente ans après le drame d’Ouvéa et les accords de Matignon, sous quelle forme la décolonisation de ce territoire va-t-elle se poursuivre ? Une soirée/débat à Paris pour éclairer cette question.

mise à jour le 1er novembre 2018

Soirée autour de
Les combats de Jean-Jacques de Félice
et le référendum en Nouvelle-Calédonie

Samedi 27 octobre 2018, de 18h à 22h,
salle Jean Dame
17, rue Léopold Bellan 75002 Paris
Métro : Etienne Marcel/Sentier

À l’occasion des dix ans de la disparition de Jean-Jacques de Félice et à quelques jours du référendum d’autodétermination en Kanaky/Nouvelle-Calédonie, soirée d’hommage et de réflexion organisée par les sections parisiennes de la LDH et l’AISDPK (Association information et soutien aux droits du peuple kanak), avec le soutien de Mediapart.

• 1ère partie (18-20h). Projection du film « Jean-Jacques de Félice, la passion de la justice » de Mehdi Lallaoui, 2017 (durée 52 min)


Table ronde : Témoignages sur les combats de Jean-Jacques de Félice.

• 2ème partie (20-22h). Projection du film « Kanaky-Nouvelle-Calédonie, la métamorphose du Caillou » de Mehdi Lallaoui, 2018 (durée 52 min)


Le film Kanaky-Nouvelle-Calédonie, la métamorphose du Caillou, de Mehdi Lallaoui, est mis en ligne par Mediapart à l’occasion du référendum du 4 novembre 2018. Il sera diffusé en DVD — comme le sont déjà deux autres films sur la Kanaky-Nouvelle Calédonie de Mehdi Lallaoui, Le retour d’Ataï et Ancêtres kanak à Paris. Musée du quai Branly. Il sera réuni avec eux dans un coffret par la Société des océanistes.

Table ronde : À propos du référendum d’autodétermination du 4 novembre 2018 en Kanaky/Nouvelle-Calédonie.


L’enregistrement sonore de la soirée

Avec les interventions de :
• Sylvie Boitel (LDH, avocate)
• Mehdi Lallaoui (AISDPK, réalisateur)
• Gilles Manceron (LDH, historien)
• Thierry Berthoud (co-fondateur de l’AISDPK)
• Christine Borzellino et Robert Simon (LDH)
• Isabelle Leblic (AISDPK - anthropologue au CNRS)

(jusqu’à 2’15’’ : introduction ; de 2’16’’ à 38’59’’ : témoignages autour Jean Jacques de Félice ; de 39’ à 1h33’03’’ : échanges autour du référendum en Kanaky-Nouvelle-Calédonie)


La LDH-NC et le référendum

La Ligue des droits de l’Homme et du citoyen de Nouvelle-Calédonie a, entre autres objectifs, celui d’accompagner l’Accord de Nouméa, de soutenir le processus de décolonisation et de promouvoir la volonté de construire la communauté de destin garante de la paix en Nouvelle-Calédonie.

Au terme des 20 ans, la société calédonienne a avancé dans la construction de la communauté de destin. La reconnaissance du peuple Kanak dans les secteurs importants de la vie citoyenne contribue à lui redonner sa dignité. La restitution de terres coutumières, l’accès au pouvoir politique, à l’économie du pays, à l’enseignement, à la culture, à la justice sont des avancées irréversibles.

Le transfert des compétences, autres que régaliennes, a déjà donné un statut spécifique et une part
d’autonomie à la Calédonie pour toutes les populations du territoire.

Le destin commun est engagé, l’échéance du référendum n’est pas une fin en soi. Quel qu’en soit le résultat, il n’arrêtera pas ce chemin de consolidation de la paix parcouru pendant ces 20 dernières années.

Au lendemain du referendum, la LDH-NC poursuivra son engagement pour le destin commun. Elle continuera sa lutte contre les discriminations. Dans un esprit de justice et d’égalité, elle accompagnera toutes les initiatives qui permettront la rencontre des cultures afin de renforcer le vivre ensemble. Elle sera attentive au respect de toutes les cultures et diversités qui font la richesse de notre pays.

La LDH-NC veillera au maintien de la paix dans le pays en n’excluant aucune communauté quel que soit le résultat du référendum. Elle veillera également à la construction d’une société plus juste luttant contre les inégalités encore trop existantes. Elle encouragera le développement d’espaces de paroles et de rencontres pour une plus grande mixité sociale et une plus grande écoute de la société civile.

La LDH-NC met en avant les valeurs qui nous rassemblent et nous grandissent comme le respect, la tolérance, le travail, l’humilité, la solidarité, le partage et la fraternité… Elle reste donc vigilante au respect des droits qui permettront de consolider les bases de la citoyenneté calédonienne.

La LDH-NC souhaite que cette période de choix et de vote soit celle de l’échange et de la confrontation des idées dans le respect des personnes, de notre démocratie et de nos valeurs.


Le point de vue d’Elie Poigoune

Elie Poigoune, président de la LDH-NC, a été interviewé dimanche 14 octobre par la télévision locale NC 1ère dans l’émission « Politique direct(e) », et il a expliqué le point de vue de la LDH-NC sur le référendum (durée 18 mn).

Il fait partie du Comité des sages qui a publié l’appel suivant.

Elie Poigoune, le 1er novembre 2018
à Nouméa

Nouméa (AFP) - 1er novembre 2018 - Figure historique de la cause kanak en Nouvelle-Calédonie, Elie Poigoune votera oui à l’indépendance dimanche au référendum. Mais son regard sur la France a "changé", et aujourd’hui, il ne veut pas "cracher dans la soupe" d’un pays avec lequel il souhaite garder des liens. lire la suite


Communiqué de la LDH

Nouvelle-Calédonie : au-delà du référendum, préserver la paix, poursuivre la décolonisation, construire la citoyenneté

Depuis le début du XXe siècle, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), elle-même ou par l’action de ses représentations, n’a cessé de dénoncer une réalité coloniale qui a conduit le peuple Kanak au bord du gouffre, l’a dépossédé de ses terres et a nié sa culture et ses droits. Cette exploitation des ressources et des personnes a permis le développement d’une économie de comptoir et la constitution de fortunes considérables monopolisées par quelques familles. C’est face à cette domination quasi absolue et à la violence qu’elle a engendrée que se sont produites les multiples révoltes du peuple Kanak. Tout au long de ces années, la LDH a été aux côtés du peuple Kanak dans ses luttes et pour son droit à l’autodétermination.

Il ne lui appartient pas, en revanche, de se substituer aux principaux concernés et de se prononcer sur un choix qui leur incombe et à eux seuls. A la veille du scrutin, la LDH, comme son organisation affiliée (LDH-NC) rappelle que, quel que soit le résultat du référendum, le processus de décolonisation, la consolidation des bases de la citoyenneté calédonienne et la construction de la communauté de destin doivent se poursuivre.

En se déclarant abusivement comme l’arbitre d’une situation dans laquelle ils sont, en réalité, un acteur intéressé et permanent, les différents gouvernements de la République n’ont pas permis d’aller jusqu’au bout du processus de décolonisation. Les progrès incontestables qui ont permis aux différentes communautés de se reconnaître n’empêchent pas le territoire de supporter les stigmates d’une domination toujours présente.

Le refus des autorités françaises, malgré les engagements pris en 1988, de s’attaquer aux effets de l’économie de comptoir régnante conduit à une situation sociale et territoriale profondément inégalitaire, essentiellement au préjudice des populations Kanak et océanienne.

Le fonctionnement démocratique des institutions locales, la prise en compte de la société civile, le combat contre toutes les formes de discrimination et de racisme, la reconnaissance de toutes les communautés restent des objectifs largement ignorés et trop souvent niés.

Quel que soit le résultat du référendum, au surplus renouvelable encore deux fois, la décolonisation, la justice sociale, la démocratie et la citoyenneté demeurent les conditions indispensables au maintien de la paix.


Jean-Jacques de Félice (1928-2008)

Avocat des droits humains, défenseur des Algériens du FLN, fondateur du comité français de liaison contre l’apartheid, vice-président de la Ligue des Droits de l’Homme, défenseur des objecteurs de conscience, des pacifistes et des insoumis, fondateur du groupe d’information et de soutien aux travailleurs immigrés (GISTI), avocat de Droit au Logement (DAL), des militants antinucléaires de Polynésie, des paysans du Larzac en lutte, président de l’Association information et soutien aux droits du peuple kanak (AISDPK) qu’il a contribué à créer, défenseur des hommes et des peuples opprimés, des militants kurdes, basques espagnols, italiens, des sans-papiers et des sans-droits…


Matériaux pour l’histoire de notre temps

Revue de La Contemporaine (ex-BDIC)
2015/1 (N° 115-116)

Jean-Jacques de Félice
un avocat militant des droits de l’homme

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