Histoire coloniale et postcoloniale

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Nicolas Sarkozy et la réhabilitation du colonialisme

lundi 6 août 2007, par la rédaction

La volonté de réhabilitation du colonialisme manifestée par Nicolas Sarkozy dans ses discours s’inscrit dans le droit fil de la loi du 23 février 2005 — et de la tentative avortée pour imposer l’enseignement du rôle “positif” de la colonisation.

Le recours à quelques artifices (la disqualification de tout regard critique sur la colonisation au nom du refus de la “repentance”, l’accumulation de bons sentiments pour noyer la réflexion, etc. ) ne peut masquer un fait : la vision qu’a Nicolas Sarkozy de l’Afrique et de “l’Africain” reste structurée par les poncifs de l’époque coloniale.

Surpris ! de Henri Rousseau (détail)

« Nous n’avons pas à rougir de l’histoire de France »

Combien de fois cette affirmation nous a-t-elle été assénée, tout au long de la dernière campagne électorale, de début mars à début mai 2007, à Caen, à Nice, à Lyon, à Metz, à Marseille, à Dijon puis à Montpellier ? [1]

« Alors, c’est vrai, il y a dans notre histoire des erreurs, des fautes, des crimes, comme dans toutes les histoires de tous les pays. Mais nous n’avons pas à rougir de l’histoire de France.
La France n’a pas commis de génocide, elle n’a pas inventé la solution finale. Elle est le pays qui a le plus fait pour la liberté du monde. Elle est le pays qui a le plus fait rayonner les valeurs de liberté, de tolérance, d’humanisme.
Nous pouvons être fiers de notre pays, de ce qu’il a apporté à la civilisation universelle, à l’idée d’humanité.
Nous pouvons être fiers d’être les enfants d’un pays de liberté et de démocratie.
Nous pouvons être fiers d’être les enfants de la patrie des Droits de l’Homme. »

Commençons par remarquer avec Daniel Schneidermann [2] que ces allusions à la Shoah sont insultantes « pour les Allemands d’aujourd’hui, et ceux d’hier, qui ont accompli un travail de mémoire tel qu’aucun autre peuple n’en a accompli. »

Ensuite, si les Nazis « inventèrent » la solution finale, la France y contribua. Le président Chirac l’a reconnu de façon solennelle le 16 juillet 1995 : « La France, patrie des Lumières et des droits de l’homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là [le 16 juillet 1942], accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux. » Ce jour-là, le président de la République a employé les mots de la vérité et non ceux de la repentance pour reconnaître la responsabilité de la France.

Lors de la campagne électorale du printemps dernier, le candidat Nicolas Sarkozy avait peut-être oublié cet épisode, mais il s’est ressaisi depuis : le 16 juillet 2007, à l’occasion d’une visite discrète au mémorial de la Shoah il devait déclarer : « Jacques Chirac a dit ce qu’il fallait dire et je pense qu’il n’y a rien à retrancher et rien à rajouter au très bon discours qu’il avait fait à l’époque ».

L’histoire de France, comme celle d’autres pays, comporte des crimes dont certains peuvent être qualifiés de « crimes contre l’humanité ». La part qu’elle a prise à la traite négrière en est un et elle l’a reconnu. Là comme ailleurs il ne s’agit pas de repentance — « nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères » — mais d’une exigence de vérité.

Le travail de l’historien consiste à rechercher la vérité sur le passé. C’est une mission fondamentale pour les vivants, afin que tous les descendants de ce passé sanglant puissent vivre en paix les uns avec les autres.

Le temps béni des colonies ...

L’un des premiers discours à thème “colonial” de la campagne de Nicolas Sarkozy a été celui qu’il a prononcé lors de son meeting de Toulon, le 7 février 2007. En voici un très large extrait [3] :

« Le drame algérien, l’occultation du passé colonial, la mode de la repentance ont contribué à nous rendre étrangers à ce qui avait été si longtemps et si naturellement un prolongement de nous-mêmes. »
[...]

« Il faut dire les choses comme elles sont : en tournant le dos à la Méditerranée, l’Europe et la France ont cru tourner le dos au passé. Elles ont en fait tourné le dos à leur avenir. Car l’avenir de l’Europe est au sud.

« Le rêve européen a besoin du rêve méditerranéen. Il s’est rétréci quand s’est brisé le rêve qui jeta jadis les chevaliers de toute l’Europe sur les routes de l’Orient, le rêve qui attira vers le sud tant d’empereurs du Saint Empire et tant de rois de France, le rêve qui fut le rêve de Bonaparte en Egypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc. Ce rêve qui ne fut pas tant un rêve de conquête qu’un rêve de civilisation.

« Cessons de noircir le passé. L’Occident longtemps pécha par arrogance et par ignorance. Beaucoup de crimes et d’injustices furent commis. Mais la plupart de ceux qui partirent vers le Sud n’étaient ni des monstres ni des exploiteurs. Beaucoup mirent leur énergie à construire des routes, des ponts, des écoles, des hôpitaux. Beaucoup s’épuisèrent à cultiver un bout de terre ingrat que nul avant n’eux n’avait cultivé. Beaucoup ne partirent que pour soigner, pour enseigner. On peut désapprouver la colonisation avec les valeurs qui sont les nôtres aujourd’hui. Mais on doit respecter les hommes et les femmes de bonne volonté qui ont pensé de bonne foi œuvrer utilement pour un idéal de civilisation auquel ils croyaient. Il faut respecter ces milliers d’hommes et de femmes qui toute leur vie se sont donné du mal pour gagner par eux-mêmes de quoi élever leurs enfants sans jamais exploiter personne et qui ont tout perdu parce qu’on les a chassés d’une terre où ils avaient acquis par leur travail le droit de vivre en paix, une terre qu’ils aimaient, parmi une population à laquelle les unissait un lien fraternel.

« Je veux le dire à tous les adeptes de la repentance qui refont l’histoire et qui jugent les hommes d’hier sans se soucier des conditions dans lesquelles ils vivaient, ni de ce qu’ils éprouvaient.
Je veux leur dire : de quel droit les jugez-vous ?
Je veux leur dire : de quel droit demandez-vous aux fils de se repentir des fautes de leurs pères, que souvent leurs pères n’ont commises que dans votre imagination ?
 » [...]

« A tous ceux d’entre vous qui sont revenus des colonies en ayant tout abandonné, n’emportant avec eux que leurs souvenirs de jeunesse et cette nostalgie qui ne les quittera plus jamais, je veux dire que si la France a une dette morale, c’est d’abord envers eux. »

Cette pathétique défense et illustration de l’Algérie française était avant tout destinée, on s’en doute, à la communauté des Pieds-noirs, importante dans la capitale du Var comme dans tout le Midi, et à tous ceux qui partagent sa nostalgie de l’époque coloniale. A Toulon, les rapatriés constituent en effet une minorité active et le discours de Nicolas Sarkozy découlait d’abord de considérations stratégiques locales.

Pour autant, sa portée ne doit pas être sous-estimée ; car ce type de discours appelant à réévaluer avec bienveillance le fait colonial tend à se généraliser. C’est pourquoi il semble intéressant d’examiner comment procède ce révisionnisme historique insidieux.

  • L’“opinion” anticoloniale

Diplomate, le ministre de l’Intérieur commence par formuler les réserves d’usage, sans grande conviction d’ailleurs : « on peut », dit-il, « désapprouver la colonisation ». Par la vertu de ce « on peut », l’anticolonialisme est ramené au rang de simple opinion.

  • La dénonciation de la “repentance”

On peut alors sans vergogne s’en prendre à tous ceux qui critiquent le colonialisme. Le ministre de l’Intérieur reprend à certains publicistes en vogue le thème de la “repentance” : toute réflexion critique sur l’épisode colonial ne serait que la manifestation d’une tendance française à la morosité et à l’auto-flagellation, avec laquelle il conviendrait de rompre.

  • L’histoire réorientée

C’est là que commence vraiment le révisionnisme historique. Aux « adeptes de la repentance » — entendez : à tous ceux qui ont eu la clairvoyance et parfois le courage de s’opposer à l’institution coloniale, aux militants de gauche d’hier et d’aujourd’hui, le ministre de l’Intérieur fait la leçon. Aux historiens d’aujourd’hui, il adresse ce mot d’ordre bonhomme : « Cessons de noircir le passé ». C’est cette instrumentalisation de l’histoire qui a conduit, on le sait, au vote de la loi du 23 février 2005.

  • De l’exaltation des colons …

Cette loi, rappelons-le, exprimait la « reconnaissance de la Nation » « aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’oeuvre accomplie » outre-mer, avant d’aborder dans son article 4 la valorisation de la colonisation. Sur ce sujet, et devant un public conquis d’avance, le candidat de l’UMP s’en donne à cœur joie :
« Il faut respecter ces milliers d’hommes et de femmes qui toute leur vie se sont donné du mal pour gagner par eux-mêmes de quoi élever leurs enfants sans jamais exploiter personne et qui ont tout perdu parce qu’on les a chassés d’une terre où ils avaient acquis par leur travail le droit de vivre en paix, une terre qu’ils aimaient, parmi une population à laquelle les unissait un lien fraternel. »

Et le ministre-candidat de conclure, à l’intention des adeptes de la repentance : « de quel droit les jugez-vous ? Je veux leur dire : de quel droit demandez-vous aux fils de se repentir des fautes des pères, que souvent les pères n’ont commises que dans votre imagination ? »
L’objectif est ainsi atteint : noyer l’intelligence historique et l’esprit critique dans un flot de bons sentiments, interdire tout regard critique sur la colonisation fût-elle injuste dans son principe et oppressive dans ses structures.

  • … à la réhabilitation de la colonisation

Contre les faits historiques, ce qui compte, c’est d’épurer à toute force l’histoire coloniale pour la rendre acceptable, et même aimable. A en croire Sarkozy, la colonisation est le fruit d’un « rêve européen » qui
« jeta jadis les chevaliers de toute l’Europe sur les routes de l’Orient, le rêve qui attira vers le sud tant d’empereurs du Saint Empire et tant de rois de France, le rêve qui fut le rêve de Bonaparte en Egypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc. Ce rêve qui ne fut pas tant un rêve de conquête qu’un rêve de civilisation. »

La falsification historique est alors complète : impérialisme, massacres, exploitation ont disparu, pour laisser place à un conte édifiant où Godeffroy de Bouillon et les massacreurs de musulmans de la première croisade sont comparés aux orientalistes saint simoniens du XIX ème siècle. En somme, Bugeaud rêvait d’Orient et Massu de civilisation…

La colonisation vue comme une entreprise humanitaire

Lors de son récent voyage en Afrique, Nicolas Sarkozy a prononcé le 26 juillet un important discours devant les étudiants de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. En voici deux extraits [4].

Le colonisateur est venu, il a pris, il s’est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail.

Il a pris mais je veux dire avec respect qu’il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu fécondes des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir. Je veux le dire ici, tous les colons n’étaient pas des voleurs, tous les colons n’étaient pas des exploiteurs.

Il y avait parmi eux des hommes mauvais mais il y avait aussi des hommes de bonne volonté, des hommes qui croyaient remplir une mission civilisatrice, des hommes qui croyaient faire le bien. Ils se trompaient mais certains étaient sincères. Ils croyaient donner la liberté, ils créaient l’aliénation. Ils croyaient briser les chaînes de l’obscurantisme, de la superstition, de la servitude. Ils forgeaient des chaînes bien plus lourdes, ils imposaient une servitude plus pesante, car c’étaient les esprits, c’étaient les âmes qui étaient asservis. Ils croyaient donner l’amour sans voir qu’ils semaient la révolte et la haine.

______________________

La colonisation fut une grande faute qui fut payée par l’amertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne comprenaient pas pourquoi on leur en voulait autant.

La colonisation fut une grande faute qui détruisit chez le colonisé l’estime de soi et fit naître dans son cœur cette haine de soi qui débouche toujours sur la haine des autres.

Après tout ce que nous avons fait pour eux, de Jean Effel [René Andrieu et Jean Effel, « En feuilletant l’histoire de France », éd. Albin Michel, sept. 1969]

Pour résumer : la colonisation fut sans doute une « faute », mais elle présente des aspects positifs et nombre des colonisateurs étaient des hommes sincères... Achille Mbembe a, mieux que quiconque, répondu à ce discours [5] :

« Afin de dédouaner un système inique, la tentation est aujourd’hui de réécrire l’histoire de la France et de son empire en en faisant une histoire de la “pacification”, de la “mise en valeur de territoires vacants et sans maîtres”, de la “diffusion de l’enseignement”, de la “fondation d’une médecine moderne”, de la mise en place d’infrastructures routières et ferroviaires. Cet argument repose sur le vieux mensonge selon lequel la colonisation fut une entreprise humanitaire et qu’elle contribua à la modernisation de vieilles sociétés primitives et agonisantes qui, abandonnées à elles-mêmes, auraient peut-être fini par se suicider.

« En traitant ainsi de la colonisation, on prétend s’autoriser, comme dans le discours de Dakar, d’une sincérité intime, d’une authenticité de départ afin de mieux trouver des alibis – auxquels on est les seuls à croire – à une entreprise passablement cruelle, abjecte et infâme. L’on prétend que les guerres de conquête, les massacres, les déportations, les razzias, les travaux forcés, la discrimination raciale institutionnelle – tout cela ne fut que “la corruption d’une grande idée” ou, comme l’explique Alexis de Tocqueville, “des nécessités fâcheuses”. »

On aura pu constater que, abstraction faite de l’adaptation à deux publics différents, les discours de Toulon et de Dakar ne révèlent aucune évolution des conceptions de Nicolas Sarkozy sur la période coloniale [6].

Le regard sur “l’Africain”

Mais un autre passage du discours de Nicolas Sarkozy à Dakar mérite d’être relu, car il permet de mieux cerner sa vision des Africains.

Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.
Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance.
Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.

Ce texte évoque étrangement les imaginaires construits par les idéologues de la colonisation. Relisons par exemple cet extrait du Manuel alphabétique de psychiatrie
publié en 1952 sous la direction d’Antoine Porot, fondateur et chef de file de l’École algéroise de psychiatrie [7] :

« Les indigènes de l’Afrique noire se rapprochent dans une large mesure de la mentalité primitive. Chez eux les besoins physiques (nutrition, sexualité) prennent une place de tout premier plan ; la vivacité de leurs émotions et leur courte durée, l’indigence de leur activité intellectuelle, leur font vivre surtout le présent comme des enfants ».

Faut-il en conclure que la vision de Nicolas Sarkozy sur l’Afrique continue à être structurée par les poncifs de l’époque coloniale ? On peut le penser à la lecture de certaines de ses déclarations. Celle-ci par exemple [8] :

« Dans les quartiers, les problèmes d’intégration sont d’abord ceux des Français de culture musulmane. Si la France ne veut pas voir les problèmes avant qu’ils n’explosent, notre pays n’a alors que peu de chance de les surmonter. Finalement, “musulman”, ce n’est pas une connotation religieuse, mais un adjectif employé avant moi par le général de Gaulle pour définir une population qui a reçu l’islam en héritage culturel et non simplement cultuel. »

Comment ne pas y voir une réminiscence du temps de l’Algérie coloniale où un musulman converti au catholicisme pouvait continuer à être considéré comme “musulman” dans la mesure où, soumis au « code de l’indigénat », il ne bénéficiait pas de la pleine nationalité française [9].

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En août 2004, l’Allemagne a présenté des excuses officielles pour le massacre par l’armée allemande de la tribu des Hereros en Namibie (Afrique australe), qui fit 65.000 morts de 1904 à 1907. « Nous, Allemands, acceptons notre responsabilité morale et historique » pour les crimes commis à l’époque par des Allemands, a déclaré la ministre allemande de l’Aide au développement, lors d’une cérémonie marquant le centième anniversaire du soulèvement des Hereros contre leurs colons allemands, en août 1904 [10].

Pouvons-nous espérer, avec Achille Mbembe, qu’un jour prochain, la France, par la voix de son Président, « assumera ses responsabilités » et reconnaîtra que « le gouvernement colonial fut un gouvernement dur, violent, arbitraire et grossier » ?


[1Discours de Montpellier le 3 mai 2007,
http://www.u-m-p.org/site/index.php....

[4Le discours de Dakar est publié in extenso sur notre site.

[6Ces deux discours auraient été écrits par Henri Guaino, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy qui déclarait récemment lors d’un entretien publié le 21 juillet 2007 dans le journal Le Monde :
« La politique, c’est écrire une histoire partagée par ceux qui la font et ceux à qui elle est destinée. On ne transforme pas un pays sans être capable d’écrire et de raconter une histoire.  »

[7Ce texte, écrit par Henri Aubin, élève d’Antoine Porot, figurait toujours dans la quatrième édition de l’ouvrage publiée en 1969 aux éditions P.U.F. [
Voir sur ce site le regard colonial de l’École psychiatrique d’Alger.]

[8Extrait d’un entretien publié par L’Express le 19 janvier 2004.

[10Voir, sur ce site, le massacre des Hereros (1904-1908).