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symptôme du trou de mémoire colonial de la France

Le Mémorial de la prison de Montluc a oublié la présence
des patriotes algériens

jeudi 16 août 2018

En 2009, les prisons de Lyon ont été fermées et il a été décidé de transformer la prison du Fort de Montluc en Mémorial. Mais on a limité celui-ci à la période 1943-1944. On a oublié la présence de centaines de patriotes algériens pendant leur guerre d’indépendance, dont douze y ont été guillotinés. D’anciens détenus algériens l’ont visité et ont constaté ce manque. Cela a suscité un débat dont un site internet créé par des chercheurs s’est fait l’écho. Ce lieu de mémoire va-t-il accorder une place à cette page de notre histoire ?

L’oubli des Algériens guillotinés pendant leur guerre d’indépendance


Pendant la guerre d’Algérie, 2 010 Algériens ont été condamnés à mort entre 1956 et 1962, en Métropole ou en Algérie, par des tribunaux spéciaux des forces armées (TPFA), pour avoir participé à la lutte pour l’indépendance de leur pays. 114 l’ont été en France. Par le tribunal militaire de Paris, installé à la prison de la Santé (13), et par ceux installés dans les prisons de Marseille (8), Metz (5), Rennes (5), Douai (10), Dijon (9) et Lille (3), mais la plupart de ces condamnations à mort (61) ont été prononcées à Lyon, au Fort de Montluc. La salle du TPFA était à côté de l’emplacement de la guillotine [1] et certaines audiences qui ont décidé de la peine de mort n’ont pas duré plus de vingt minutes [2].

Les exécutions capitales ont cessé par la volonté du général de Gaulle, d’abord en Algérie à la fin de l’année 1960, puis en France, la dernière intervenant à Montluc en janvier 1961, quatre mois avant l’ouverture des négociations d’Evian. Dans ces conditions, parmi les 2 010 condamnés à mort, 210 ont été guillotinés, dont 19 en France, et 215 ont été graciés et leur peine commuée en détention à perpétuité. En 1961, des décisions d’annulation des condamnations ont également été prises par la Cour de Cassation et les condamnés à mort détenus en Algérie ont été transférés, par le ministre de la Justice Edmond Michelet, avec l’aval du général de Gaulle, dans les prisons françaises, pour leur éviter de subir le sort des quatre condamnés à mort détenus à la prison d’Oran qui ont été enlevés par un commando de l’OAS, le 18 novembre 1961, puis brûlés vifs à quelques centaines de mètres de là. Mais durant la dernière année de la guerre d’Algérie, dans les prisons françaises, 1 585 condamnés à mort ont été maintenus dans les « couloirs de la mort », le général de Gaulle n’annonçant aux Algériens la fin des exécutions capitales qu’à l’approche de la reconnaissance par la France, en mars 1962, de l’indépendance algérienne. En janvier 1962, les 1 585 condamnés à mort encore vivants ont été rassemblés au camp de Vadenay, dans la Marne [3], puis libérés en mai, au lendemain des Accords d’Evian [4].

Parmi les guillotinés en France, c’est à cette prison de Lyon, où la plupart des condamnations à mort ont donc été prononcées, qu’ont eu lieu aussi la plupart des exécutions — douze exécutions légales (et une mort inexpliquée) —, quatre autres ayant eu lieu à la prison de Dijon et trois à la prison de la Santé. Le Fort de Montluc est tristement connu pour avoir été durant la Seconde Guerre mondiale le lieu de torture et d’exécution de Résistants français patriotes et il était essentiel de faire une place à leur combat dans le lieu de mémoire qui y a été installé. C’est là que Jean Moulin, arrêté à Caluire le 21 juin 1943, a été interné et affreusement torturé par Klaus Barbie. Mais, pendant la guerre d’Algérie, à Lyon, la répression des résistants algériens a été particulièrement meurtrière et tout particulièrement dans cette prison — les militants de la Fédération de France du FLN avaient pris l’habitude d’appeler la ville de Lyon « la ville de Jacques Soustelle », en référence à l’ancien ministre résidant en Algérie applaudi alors par les ultras européens, qui a rejoint l’OAS, et qui restait à Lyon un homme politique influent.

Les douze guillotinés algériens
au Fort de Montluc

Lorsque la prison de Montluc a été, comme les autres prisons lyonnaises, fermée en 2009 et qu’on a décidé d’y installer un Mémorial, il a été décidé que celui-ci serait limité à la période 1943-1944, éludant la présence des patriotes algériens pendant leur guerre d’indépendance et la pratique de la guillotine infligée à douze d’entre eux. Quand d’anciens détenus algériens l’ont visitée, ils ont constaté cette absence, comme l’ont constatée aussi des familles de la région lyonnaise d’origine algérienne, dont souvent les enfants sont français, qui savaient que l’un de leur parent avait été détenu ou guillotiné à Montluc. Cela a suscité un débat, dont un site internet créé par des chercheurs, « Montluc un lieu à histoires et mémoires multiples » a eu le mérite de se faire l’écho [5]. Ce site présente notamment un film, Les Condamnés de l’Ombre (26′) qui explique leur enquête. Le Mémorial de Montluc va-t-il tirer les conclusions de ces témoignages et de ces recherches en accordant aussi une place en son sein à cette page de notre histoire ? Des évolutions en ce sens ont eu lieu, comme le fait de signaler aux visiteurs le bâtiment où a siégé le TPFA. Mais c’est loin d’être suffisant.

Le point de départ de ce débat a été la visite en 2013 de Mostefa Boudina, auteur du livre Rescapé de la guillotine, paru en Algérie en 2008 [6], militant de la Fédération de France du FLN pendant la guerre d’Algérie, condamné deux fois à mort en 1960 par un tribunal militaire à Lyon, puis interné pendant deux ans, de février 1960 à janvier 1962, dans le quartier des condamnés à mort du Fort de Montluc. Il avait du attendre janvier 1962 pour, à la veille de l’indépendance de l’Algérie, être transféré à Vadenay comme les 1 585 condamnés à mort algériens dans la même situation, puis pour être libéré en mai 1962. Il a du d’abord subir des conditions de détention très dures, entre sa condamnation le 11 février 1960 et le succès d’une grève de la faim qui leur a permis de bénéficier du régime politique qu’avait accordé le ministre de la Justice Edmond Michelet en août 1959 aux détenus algériens [7]. Jusque-là, leurs mains étaient enchaînées jour et nuit par des chaînes de 60 centimètres et leurs brèves promenades effectuées par groupes de six détenus enchaînés les uns aux autres. La décision de leur donner le statut de prisonniers politiques — qui les débarrassait de leurs chaînes, leur permettait de recevoir des journaux et des livres, de se regrouper dans des cellules collectives et d’organiser des cours —, a été prise par l’administration pénitentiaire qui était alors dirigée par Simone Veil. Mostefa Boudina raconte qu’il a aussitôt demandé des livres de Victor Hugo et d’Emile Zola, donné des cours de français aux autres détenus et suivi lui-même par correspondance une formation universitaire suisse à laquelle il a pu s’inscrire grâce à l’aide de ses avocats.

En 2013, à la prison qui venait d’être transformée en lieu de mémoire, le documentariste Mohamed Zaoui a filmé la première visite de Mostefa Boudina sur les lieux de sa détention. Sur le site que des chercheurs ont consacré à l’enquête et à la réflexion qu’ils ont menées au sujet du Mémorial de Montluc, « Montluc un lieu à histoires et mémoires multiples », on peut voir un entretien avec Mohamed Zaoui et un responsable de l’association EPI (Espace Projets Interassociatifs) de Vaulx-en-Velin, Mustapha Kaouah. Ils racontent qu’après avoir assisté au retour émouvant, cinquante ans après, de Mostefa Boudina sur le lieu où il avait attendu la mort, ils ont dialogué avec le directeur du Mémorial sur le peu d’informations que celui-ci donne à ses visiteurs à propos de cette période de l’histoire de la prison. En particulier sur les exécutions capitales de militants du FLN qui s’y sont déroulées pendant la guerre d’Algérie.


Le petit film du site « Montluc un lieu à histoires et mémoires multiples » à propos du film de Mohamed Zaoui, Mostefa Boudina, Retour à Montluc, et sur la visite de Mostefa Boudina au Mémorial de Montluc et la discussion qu’elle a provoquée (3’51’’)




Le film intégral de Mohamed Zaoui,
Mostefa Boudina, Retour à Montluc

Retour à Montluc (with English subtitles)


Les douze Algériens qui ont été guillotinés à Montluc après avoir été condamnés à mort par le TPFA de Lyon

Mohamed Benzouzou, condamné à mort par le TPFA de Lyon le 17 avril 1958, guillotiné le 26 septembre 1959.

Ahcène Ait-Rabah, condamné à mort par le TPFA de Lyon le 10 septembre 1959, guillotiné le 23 février 1960.

Ahmed Cherchari, condamné à mort par le TPFA de Lyon le 10 septembre 1959, guillotiné le 23 février 1960.

Abdallah Kabouche, condamné à mort par le TPFA de Lyon le 24 septembre 1959, guillotiné le 17 mars 1960.

Touir Feghoul, condamné à mort par le TPFA de Lyon le 12 décembre 1958, guillotiné le 5 avril 1960.

Menaï Brahimi, condamné à mort par le TPFA de Lyon le 12 décembre 1958, guillotiné le 5 avril 1960.

Mahmoud Mokrani, condamné à mort par le TPFA de Lyon le 10 novembre 1959, guillotiné le 8 juillet 1960.

Boukhmis Tafer, condamné à mort par le TPFA de Lyon le 15 juin et le 23 juillet 1959, guillotiné le 9 juillet 1960.

Abderrahmane Lakhlifi, condamné à mort par le TPFA de Lyon le 11 janvier 1960, guillotiné le 30 juillet 1960.

Miloud Bougandoura, condamné à mort par le TPFA de Lyon le 23 février 1960, guillotiné le 5 août 1960.

Abdelkader Makhlouf, condamné à mort par le TPFA de Lyon le 23 février 1960, guillotiné le 5 août 1960.

Salah Dehil, condamné à mort par le TPFA de Lyon le 21 juillet 1960, guillotiné le 31 janvier 1961.

Source : Les registres du TPFA de Lyon consultés par l’historien Marc André, que recoupent les noms et dates publiés dans le livre de Mostefa Boudina (p. 159).


Les tombes de onze guillotinés algériens à Montluc au carré des martyrs du cimetière d’El Alia à Alger © DR

La solidarité d’un gardien de Montluc

Le récit de Mostefa Boudina

Extrait de Rescapé de la guillotine, p. 125-126.


Le jour de l’exécution des frères Menaï et Feghoul, un gardien nous surprend en ouvrant la porte de notre cellule collective, pour de suite la refermer derrière lui :

— Voilà, je profite de l’absence de mes collègues qui sont en réunion à la direction pour vous entretenir, nous dit-il.

Il se met presque au garde-à-vous, sa casquette sous le bras et parle :

— Je viens vous dire tout ce que j’ai sur le cœur pour soulager ma conscience. Sachez que non seulement je réprouve tout ces crimes qui sont commis par la France qui me fait honte en déshonorant ses propres valeurs, mais je les condamne de toutes mes forces. Je viens d’assister à l’exécution de vos deux compagnons. Leur comportement magnifique m’a marqué pour le restant de ma vie. Ils ont été admirables de courage et de dignité. A peine arrivés devant l’échafaud, ils ont fait une derière prière et ils se sont donné l’accolade d’adieu. Menaï s’est avancé vers l’échafaud et plaçant sa tête dans la lucarne, a dit : « Je donne tout ce que j’ai de plus cher pour l’indépendance de mon pays. » Le bourreau a actionné la machine, le couperet est tombé et la tête est tranchée. Son compagnon a dit : « Allah ou Akbar ».

Arrive le tour de Feghoul.

Le colonel lui a tendu une dernière cigarette. Il la lui repousse de la main et sortant de sa poche ses propres cigarettes, il lui a lancé : « Le FLN me paye les cigarettes, jusqu’à la dernière minute ». Il s’est retourné pour dire adieu à son avocat, il est monté sur l’échafaud, en s’adressant au bourreau : « Assassine-moi, tu es salement payé pour ça. Moi, je donne ma tête pour que vive l’Algérie libre ».

L’iman est intervenu, mais il l’a arrêté tout net : « Je suis arrivé jusque-là pour mourir en combattant et en bon musulman. J’ai déjà fait ma prière. La chahada, je sais la faire tout seul ». Il a placé sa tête, le bourreau a actionné sa machine et Feghoul est décapité.

Nous sommes tous en larme mais fier de nos héros. Le gardien très ému nous dit :

—  Maintenant, je me retire avec ma conscience soulagée, je reviendrais une autre fois vous parler des autres exécutions.

— Attendez, lui dis-je. C’est pour cela que vous êtes toujours à l’écart des gardiens ?

Il hésite un moment, reprend son souffle et réplique :

— Oui, il y a un peu de cela. Je ressemble beaucoup plus à vous qu’à ces idiots qui ne pensent qu’à bouffer et s’amuser. Le patriotisme, ils ne savent pas ce que c’est. Comme ancien résistant, condamné à mort par les Boches et détenu dans cette même prison, j’ai souffert l’attente de la mort pendant deux ans, comme vous… Je vous raconterai mon histoire une autre fois, maintenant, je file, ils vont bientôt terminer leur réunion ».


D’autres petits films sur ce sujet ont été mis aussi sur le site, « Montluc un lieu à histoires et mémoires multiples », en particulier :

Un entretien avec le jeune comédien franco-algérien, Lyes Kaouah, intitulé "Cette histoire est doublement la mienne"

Lyes Kaouah, jeune comédien franco-algérien, se présente comme appartenant à la génération qui subit les problèmes non résolus de cette période, qui reviennent en écho autour des questions des banlieues et de l’immigration en France aujourd’hui. Il explique son envie de connaître cette histoire, qu’il dit être doublement la sienne en tant qu’Algérien et en tant que Français. Loin des amalgames et des généralités, il trouve que des éléments précis d’histoire sont indispensables.

La rencontre de Mostefa Boudina avec la famille du condamné à mort algérien, Miloud Bougandoura

Le 17 octobre 2012, à l’occasion de la commémoration annuelle à Vaulx-en-Velin de la manifestation des Algériens à Paris du 17 octobre 1961 et de sa sanglante répression, deux membres d’une famille d’origine algérienne de la région lyonnaise sont venus rencontrer Mostefa Boudina pour lui remettre la photo de Miloud Bougandoura, guillotiné à Montluc le 5 août 1960. Leur mère, sa cousine, avait conservé dans la maison familiale cette photo de leur oncle. Eux mêmes ont appris sa participation à la guerre d’indépendance algérienne et son exécution à l’occasion de la sortie du livre de Mostefa Boudina et sa venue à Lyon. Il évoque ses souvenirs de ce compagnon de détention et les projets qu’il faisait avec sa compagne française une fois l’Algérie devenue indépendante.

L’interview de l’historien Marc André sur l’itinéraire de Miloud Bougandoura

A partir de différentes sources (presse locale, archives judiciaires et militaires, entretiens), l’historien Marc André a reconstitué une partie de l’itinéraire de Miloud Bougandoura et des actions auxquelles il a participé comme membre d’un des groupes de chocs du FLN. Il témoigne des affrontements sanglants dans la région lyonnaise entre le FLN et le MNA pour le contrôle de la population algérienne, de la violence exercée par le FLN sur les Algériens jugés réfractaires ou traîtres, dans le contexte d’une intense répression policière. D’autres interventions de cet historien sont présentes sur le site « Montluc un lieu à histoires et mémoires multiples ».

Le témoignage d’un avocat commis d’office lors du procès d’un autre militant algérien, Aberah Rabah, lui aussi condamné à mort

Avocat commis d’office, Georges Cochet, était présent au procès de Miloud Bougandoura devant le Tribunal permanent des forces armées où il défendait un membres de son groupe, Aberah Rabah. Il donne des éléments sur le type de justice qui s’exerçait dans ces conditions, sur la défense choisie par les inculpés qui se considéraient comme des combattants et refusaient de reconnaître la justice française et sur la pratique de son métier d’avocat dans ces conditions.

Le récit par cet avocat de sa demande de grâce d’Aberah Rabah au président de la République

Il raconte aussi comment s’est passé sa demande de grâce d’Aberah Rabah auprès du général de Gaulle qui avait convoqué le même jour Maître Berger, pour les demandes de grâce de Miloud Bougandoura et Abdelkader Makhlouf. Il s’interroge sur ce pouvoir du président de la République de décider de la vie d’un homme sans le connaître. Cette fois-ci, pour trois hommes jugés pour les mêmes actes dans la même affaire, le président refusa la grâce pour Miloud Bougandoura et Abdelkader Makhlouf et l’accorda à Aberah Rabah.

Les témoignages des avocats d’Abdallah Kabouche sur son exécution à la prison de Montluc et d’un autre condamné à mort sur celle de Salah Dehil

L’avocat qui a défendu Ahmed Kabouche et l’a accompagné, le 17 mars 1960, jusqu’à la guillotine, en a laissé un récit, publié en 2003. Un autre condamné à mort, Salah Khalef a évoqué, dans un texte publié en 1977, la nuit du 31 janvier 1961 quand on a été chercher Salah Dehil dans sa cellule pour le conduire à son exécution [8]. En 2013, deux jeunes comédiens, dans les lieux mêmes de la prison Montluc où ils avaient été détenus, en ont fait une lecture dont le film figure sur le site « Montluc un lieu à histoires et mémoires multiples ».


[1Ce bâtiment qui abritait le TPFA ne fait pas partie du Mémorial et cette ancienne fonction n’y était pas signalée à son ouverture. En décembre 2014, un panneau signalant l’emplacement du TPFA a été ajouté. Voir : Marie-Thérèse Têtu, « De la prison Montluc au Mémorial, et après… Chronique d’une enquête », EspacesTemps.net, Travaux, 02.07.2015.

[2Voir sur ce sujet : Sylvie Thénault, Une drôle de justice. Les magistrats dans la guerre d’Algérie, préface de Jean-Jacques Becker, postface de Pierre Vidal-Naquet, « Le passage de témoin », La Découverte, 2001.

[3Sur le camp de Vadenay, l’une des communes incluses dans le camp militaire de Mourmelon, dans la Marne, le premier des camps d’internement pour les Algériens sur le territoire français, voir l’article de Sylvie Thénault, « Le camp de Vadenay : premier des camps, camp modèle ? », in Matériaux pour l’histoire de notre temps, n°92, octobre-décembre 2008, « Vadenay, Saint-Maurice l’Ardoise, Thol, le Larzac. L’internement en France pendant la guerre d’indépendance algérienne », p. 17-18.

[4Mostefa Boudina, Rescapé de la guillotine, préface de Ali Haroun, éditions ANEP, Alger, 2008.

[5« Montluc un lieu à histoires et mémoires multiples », publication numérique documentaire et contributive, conçue par une équipe de sociologues autour de Alain Battegay et Marie-Thérèse Têtu pour le Centre Max Weber, soutenue par le GIS IPAPIC et les laboratoires de recherches Lames, Aix-en-Provence, et Urmis, Nice, en coopération avec les chercheurs en informatique de l’équipe Silex du LIRIS. Voir : Marie-Thérèse Têtu, « De la prison Montluc au Mémorial, et après… Chronique d’une enquête », EspacesTemps.net, Travaux, 02.07.2015. Ce projet est soutenu par Ancrages, Centre de ressources Histoire et Mémoires des migrations en Provence-Alpes Côte d’Azur — qui lui associe, dans la même perspective de refus de l’oubli des mémoires de l’immigration, un travail sur le centre de rétention d’Arenc, sur le port de Marseille, aujourd’hui entièrement détruit et dont il ne reste plus que des archives et une mémoire orale.

[6Mostefa Boudina, Rescapé de la guillotine, op. cit.

[7Voir la note de service du directeur de l’administration pénitentiaire du 4 août 1959 sur le « Régime pénitentiaire des détenus appartenant à la catégorie A », qui a été confirmée en novembre 1961 par la circulaire du Garde des sceaux sur l’application du régime politique. Dans : Zeggagh Mohand, dit Tahar, dit Rachid, Prisonniers politiques FLN en France pendant la guerre d’Algérie 1954-1962. La prison, un champ de bataille, préface de Mohammed Harbi, éditions Publisud, 2012, p. 164-166.

[8Ces deux témoignages ont été publiés dans : François La Phuong, Maître, vous avez la parole, éditions Aléas, 2003, et Salah Khalef, « Fort Montluc », in Mahfoud Kaddache, Récits de feu, Témoignages sur la guerre de Libération nationale, ENED, 1977.