Histoire coloniale et postcoloniale

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“Ilona, ma mère et moi” de Françoise Basch

mercredi 12 décembre 2012

La LDH Avignon-Carpentras vous invite à la présentation/dédicace du livre Ilona, ma mère et moi une famille juive sous l’Occupation, 1940-1944 avec l’auteure Françoise Basch :

  • AVIGNON : vendredi 14 Décembre 18h30 aux Genets d’or, rue Joseph Vernet.
  • BOLLENE : samedi 15 Décembre, Espace Culture du Centre Leclerc,
    de 9h30 à 12h30 (causerie vers 11h).

Françoise Basch, Ilona, ma mère et moi
Une famille juive sous l’Occupation 1940-1944
Editions ixe, janvier 2012, 14 €


Enfant pendant la Deuxième Guerre mondiale, Françoise Basch a vécu l’exode, l’absence de son père, une vie de lycéenne à Lyon où s’étaient réfugiés ses grands-parents, Ilona et Victor Basch, et les rencontres toujours trop brèves avec sa mère, Marianne, médecin, obligée de s’installer deux cents kilomètres plus au sud à Bollène.

En 1944, l’assassinat d’Ilona et de Victor par la Milice convainc Marianne d’organiser la fuite de ses deux enfants vers la Suisse.
Pour ce livre voulu en hommage à Marianne, qui assura leur survie à tous en ces temps périlleux et à Ilona, figure féminine plus traditionnelle, Françoise Basch a puisé dans les correspondances familiales en confrontant ce qu’elles restituent de la réalité à ses souvenirs d’enfance. Son travail de mémoire exigeant rend justice à ces femmes, qui en « héroïnes ordinaires » surent déployer d’immenses ressources d’ingéniosité, de courage et d’ironie face au brutal rétrécissement de leurs horizons.

Contribution à l’histoire du genre par l’évocation précise des rôles nouveaux alors assumés par les femmes, Ilona, ma mère et moi revient aussi sur la complexité du rapport personnel à la judéité.
"C’est aux femmes de ma famille, tout particulièrement à ma mère, que j’ai voulu ici rendre justice. Ce texte tente de retracer leur parcours courageux – et, j’ose le mot, leurs exploits au fil des années de guerre, ainsi que leur influence sur mon propre destin", écrit Françoise Basch en conclusion de ce récit personnel et lucide.

Françoise Basch est la petite fille de Victor Basch, qui est un repère dans le combat contre toutes les résurgence des idéologies racistes. Il a été l’un des principaux acteurs du combat contre le fascisme en France lors du Front populaire. L’un des fondateurs, en 1898, de la Ligue des droits de l’Homme, dont il est devenu président en 1926, il a insisté en 1933 sur la nécessité de lutter contre le fascisme et la menace hitlérienne sur l’Europe et présidé le Rassemblement du Front populaire. Après avoir vécu à Lyon et dans ses environs pendant la guerre et collaboré au journal clandestin Le Patriote, il a été
arrêté par des miliciens en 1944 et, à plus 81 ans, assassiné avec sa femme Ilona.

Victor Basch [1]

Né le 18 août 1863 à Pest, en Hongrie, Victor Basch arrive en France avec ses parents vers 1866, et est naturalisé en 1887.

L’affaire Dreyfus marque le début de l’engagement politique de Victor Basch. En pleine bataille pour la révision du procès, il organise à Rennes un mémorable banquet républicain le 14 juillet 1889. Il appelle, dans son discours, à la lutte nécessaire contre les nouvelles Bastilles : « La Bastille militaire, la Bastille judiciaire, la Bastille universitaire ». Il termine son allocution par cet appel humaniste révolutionnaire : « Je bois à tous les destructeurs de Bastille, je bois à une humanité plus belle, plus juste, plus libre, plus fraternelle »
 [2].

Président de la Ligue des droits de l’Homme, Victor Basch défend la République et s’attire la haine de l’extrême droite. Il prend position contre le pacifisme intégral en dénonçant, dès les années 30, le militarisme renaissant de l’Allemagne nazie et l’hitlérisme triomphant [3].

C’est pour tous ses engagements et son activité de résistant en tant que responsable du Front national, que Victor Basch, et son épouse Ilona, sont tués le 10 janvier 1944 près de Lyon par la milice française et la police allemande qui déposent sur leurs corps l’inscription : « Terreur contre terreur : le juif paye toujours ». Pour Lécussan, un de ses assassins, ce crime se justifie car Basch, « prototype du Juif étranger  » symbolise « la mafia judéo-maçonnique ». il est aussi à abattre en tant que « créateur du Front populaire  » [4].


[2Michaël Löwy (Victor Basch et Bernard Lazare : deux intellectuels dreyfusards) in Victor Basch, un intellectuel engagé, ouvrage collectif, Berg international éditeurs, 2000.

[3Victor Basch, un intellectuel engagé.

[4Cité par Françoise Basch (Le juif paye toujours) in Victor Basch, un intellectuel engagé.