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FRONTEXIT dénonce FRONTEX

jeudi 25 avril 2013

L’Europe n’est pas menacée d’invasion et pourtant... sa politique semble indiquer le contraire. Elle est en guerre contre un ennemi qu’elle s’est inventée. Pour l’affronter, elle s’est dotée d’une arme controversée : l’agence Frontex. Une « véritable armée au service de la politique migratoire d’une Europe forteresse, menant à armes inégales une guerre aux migrants qui n’ont rien de soldats », comme la LDH belge l’a qualifiée. Que croyez-vous qu’il arriva ? Comme prévu : un recul généralisé du droit protégeant les libertés et l’intégrité des personnes.

C’est ce que dénonce la campagne euro-africaine FRONTEXIT lancée ce 20 mars à Bruxelles et à Nouakchott en Mauritanie, et quelques jours plus tard à Tunis lors du Forum social mondial.

[Mis en ligne le 8 avril 2013, mis à jour le 27]


Mise à jour : le 27 avril 2013

La guerre aux migrants a fait 18 000 morts (au moins)

La semaine dernière, Frontex, l’"agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures", annonçait fièrement dans son rapport annuel que "les franchissements irréguliers des frontières extérieures de l’UE ont été divisés par deux en 2012 grâce aux renforcements des contrôles aux frontières", au déploiement de 1 800 gardes-frontière en Turquie, et à la construction d’une clôture en fil barbelé à la frontière gréco-turque longue de 10,3 km chacune et d’une hauteur de 2,5 à 3 mètres :

Quelque 72 430 franchissements illégaux ont été dénombrés en 2012, ce qui représente une baisse de 49 % par rapport aux 141 060 détectés l’année précédente.

Etrangement, Frontex n’évoque pas, par contre, le nombre de migrants morts aux frontières de l’Europe ... 18 000 morts en 20 ans, dont 4 000 ces deux dernières années. Aux portes de l’Europe. Dans l’indifférence quasi-générale...

Jean-Marc Manach


L’article dans son intégralité : http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2...


F R O N T E X [1]

Depuis plus d’une décennie, une approche exclusivement sécuritaire oriente les politiques migratoires européennes : délivrance restrictive des visas, construction de murs et de clôtures, contrôle militarisé des frontières et renvoi forcé dans les pays d’origine, sous-traitance du contrôle migratoire à des États peu démocratiques,…

Frontex, chien de garde

L’acteur clé de ces politiques migratoires de fermeture, c’est Frontex : l’agence européenne pour la gestion de la coopération aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne. Créée en 2004 et basée à Varsovie, l’agence a un rôle de plus en plus important. En témoignent l’augmentation de son budget annuel (19 millions d’euros en 2006 ; 118 millions d’euros en 2011), les moyens militaires mis à sa disposition par les États, ainsi que son autonomie grandissante. Frontex peut en effet signer des accords avec des pays tiers, organiser des vols de retour conjoints et, depuis la révision de son mandat en octobre 2011, échanger des données personnelles avec l’agence européenne de coopération policière Europol et initier des opérations terrestres et maritimes de contrôle des frontières.

Et pourtant…

Et pourtant : la part des migrations internationales est restée stable ces 50 dernières années, et l’essentiel des déplacements de population se fait entre les pays du Sud. Sans oublier que de nombreux textes internationaux protègent les migrants contre toute violation de leurs droits fondamentaux. Parmi ces droits figurent le droit d’asile et le droit pour chacun de quitter tout pays, y compris le sien.

Zones d’ombre

Avec Frontex, l’Europe déploie donc des moyens disproportionnés pour combattre un ennemi qui n’en est pas un : le migrant. Une des caractéristiques principales de l’agence est le manque de transparence de ses activités. Peu de gens en ont d’ailleurs entendu parler… Quelles garanties l’agence présente-t-elle en termes de respect des droits des migrants lors de ses opérations ? Et qui est responsable en cas d’atteinte aux droits fondamentaux lors des opérations de Frontex : est-ce l’agence, l’État où se déroule l’opération, ou encore l’État dont relèvent les gardes-frontières impliqués ? Autant de questions fondamentales que soulève la campagne Frontexit.

Hors de l’Union européenne, Frontex déploie sa toile

Pour agrandir la carte et accéder à sa légende : cliquer sur la carte. Pour accéder à d’autres cartes : http://www.frontexit.org/fr/ressour...

Lancement de la campagne Frontexit

Communiqué de presse - 20 mars 2013

L’Europe est en guerre contre un ennemi qu’elle s’invente

Ce mercredi 20 mars marque le jour du lancement de la campagne Frontexit, à Bruxelles, cœur de l’Europe. Une campagne soutenue par de nombreuses associations de défense des droits de l’Homme du Sud et du Nord de la Méditerranée. Les objectifs : réclamer la transparence sur le fonctionnement de Frontex, l’agence de l’Union européenne pour le contrôle des frontières extérieures, et exiger le respect des droits des migrant-e-s aux frontières.

Pour lutter contre une prétendue « invasion » de migrants, l’Union européenne (UE) investit des millions d’euros dans un dispositif quasi militaire pour surveiller ses frontières extérieures : Frontex. Cette agence intervient pour intercepter les migrant-e-s aux frontières et les renvoyer par avion. Symbole de la politique sécuritaire en matière migratoire et bras armé des États membres de l’UE, Frontex pose question notamment concernant la violation des droits lors de l’interception et du renvoi forcé des migrant-e-s. : Que se passe-t-il véritablement aux frontières ? Et qui est responsable de ce qui s’y passe ?

Lors de ces opérations, le respect des droits humains est mis en danger, particulièrement le droit d’asile, le droit à un traitement digne et au respect de l’intégrité physique. L’opacité des opérations - maritimes, aériennes et terrestres - conduites par Frontex et la dilution des responsabilités qui les caractérise portent atteinte aux principes fondamentaux reconnus par l’UE, ses États membres et les États tiers partenaires de l’agence.

À travers la campagne Frontexit, un mouvement inter-associatif international demande des comptes à Frontex, à l’UE, aux États membres et aux États partenaires. Il faut en finir avec l’impunité aux frontières et l’UE doit respecter ses engagements et obligations envers les personnes migrantes, d’où qu’elles viennent et quelles que soient les raisons qui les conduisent en Europe.

FRONTEXIT ?

  • Une campagne à l’initiative de Migreurop, menée par de nombreuses associations du Sud et du Nord de la Méditerranée [2], pour réclamer la transparence sur le fonctionnement de FRONTEX et le respect des droits des migrant.e.s aux frontières.
  • Un lancement à Bruxelles (Belgique) et à Nouakchott (Mauritanie) le 20 mars 2013 ainsi qu’au Forum social mondial de Tunis (Tunisie) le 28 mars 2013.
  • Un site web, un teaser, des outils de sensibilisation, un flyer, une affiche…

Plus d’infos sur www.frontexit.org
Page Facebook : www.facebook.com/frontexit
Twitter : #frontexit



[1Source : http://www.frontexit.org/fr/a-propo....

Pour en savoir plus :

[2Parmi les associations : La Cimade, Fasti, Gisti, Fidh.