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Emmanuel Macron va-t-il reconnaître l’État de Palestine ?

mercredi 10 mai 2017, par la rédaction

Le président de la République qui va prendre ses fonctions le 14 mai 2017 va-t-il avoir le courage de faire avancer la justice au Proche-Orient en faisant que la France reconnaisse enfin l’Etat palestinien ? Dans ses déclarations à Mediapart à la veille de l’élection, il a rappelé sa condamnation de la colonisation et dit qu’il était favorable à la reconnaissance de deux Etats, mais « pas aujourd’hui ». Une telle reconnaissance est pourtant indispensable pour avancer vers la paix. Pour lui demander la reconnaissance rapide de l’Etat de Palestine et débattre des pressions nécessaires sur Israël, le collectif « Trop, c’est trop ! » organise une réunion, à Paris, le jeudi 11 mai.

inscription obligatoire par l’envoi d’un message avec nom et prénom à trop-cest-trop@laposte.net. (les inscrits recevront une invitation avec l’adresse de la réunion)
Le site internet [www.trop-cest-trop.fr]
Signer et faire connaître la pétition occupationpasdaccord.eu

Ci-desssous : le programme de la réunion du 11 mai, suivi de deux interviews récentes d’Emmanuel Macron sur ce sujet.

Reconnaître l’Etat palestinien, pierre angulaire de la paix

Programme de la réunion du 11 mai
  • 19h30 - Ouverture par les organisateurs : Gilles Manceron, historien, au nom du collectif « Trop, c’est trop ! » ; Fabienne Messica, sociologue, au nom de la Ligue des droits de l’Homme ; Edgar Morin.
  • 20h - Pour la reconnaissance par la France de l’Etat palestinien.
    Table ronde animée par Dominique Vidal, journaliste au Monde diplomatique. Avec Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des universités ; Elias Sanbar, ambassadeur de Palestine à l’UNESCO ; Pascal Boniface, directeur del’Institut de relations internationales et stratégiques ; Yves Aubin de la Mésuzière, ambassadeur de France.
  • 21h - Esther Benbassa, directrice d’études à l’EPHE (Sorbonne), sénatrice du Val-de-Marne, EELV ; Habiba Bigdade, maire adjointe de Nanterre, membre de « Socialistes pour la Paix ». Débat.
  • 21h30 - Quelles pressions sur Israël ? la suspension de l’accord d’association UE/Israël et autres pressions.
    Table ronde animée par René Backmann, journaliste à Mediapart. Avec Monique Chemillier-Gendreau, professeure émérite de droit public et sciences politiques à l’université Paris Diderot ; Véronique De Keyser, ancienne député européenne, vice-présidente de la Coordination européenne des comités et associations pour la Palestine (CECP) ; Hala Abou-Hassira, première conseillère à l’ambassade de Palestine en France.
  • 22h30 - Pascal Durand, député au Parlement européen, écologiste ; Patrick Le Hyaric, député au Parlement européen, Gauche unitaire européenne. Débat.
  • 23h15 - Conclusion par les organisateurs : Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue, EHESS, et Bernard Ravenel, historien, président d’honneur de l’Association France Palestine solidarité, au nom du collectif « Trop, c’est trop ! ».

Emanuel Macron a dit

Un extrait de l’entretien d’Emmanuel Macron à Mediapart vendredi 5 mai dernier [1]


  • Edwy Plenel : Pourquoi êtes-vous, d’après ce qu’on a compris, contre la reconnaissance unilatérale de la Palestine ? La Palestine est au coeur, vous le savez, d’une sorte de, comme l’a dit Edgar Morin, presque d’un cancer, qui est au coeur de la région. La Suède, symbole du libéralisme sur notre continent l’a reconnue, les BRICS qui sont au coeur de ce que vous rappeliez sur le climat, avec la Chine, le Brésil, la Russie, l’Inde, la chine, l’Afrique du Sud l’ont reconnue. Pourquoi vous, avez-vous cette position de retrait sur cette question ?

Emmanuel Macron : Parce que j’ai une position pragmatique. Quel est le problème aujourd’hui ? On a plutôt un dirigeant palestinien qui est plus modéré et a pris ses responsabilités. Et on a un durcissement de la position israélienne avec des vrais sujets d’insécurité, moi je respecte la démocratie israélienne . J’ai exprimé mes désaccords à plusieurs moments sur le non-respect des accords d’Oslo. Aller prendre une position nationale pour favoriser ou en tout cas pour dire : « Je reconnais de manière unilatérale la Palestine » Est-ce que ça sert l’avancée du débat sur place ? C’est totalement contre-productif. Ça fait que le jour d’après, je ne parle plus une seule seconde avec Israël.

  • Edwy Plenel : ou bien cela vaut dire le principe d’égalité quand même,

Emmanuel Macron : Non, je ne touche pas....

  • Edwy Plenel : deux États … de droit...

Emmanuel Macron : Mais c’est très différent, je défends ce principe. Ministre, je suis allé en Israël, j’ai été m’exprimer devant le CRIF, j’ai défendu la théorie des deux États, l’engagement français pour les deux États, la condamnation de la colonisation et cætera. Je le fais, constamment, mais une autre chose est d’aller reconnaître unilatéralement la Palestine, qui dans le temps que nous vivons est un point de déséquilibre qui fait que vous perdez toute relation avec l’État d’Israël. J’assume là aussi une filiation avec l’histoire française qui n’est jamais tombée d’un côté ou de l’autre. Reconnaître l’État de Palestine aujourd’hui, de manière unilatérale dans le contexte, c’est faire le choix d’un camp et c’est complètement se couper avec l’autre. La force de la diplomatie française c’est d’avoir toujours tenu ce point d’équilibre qui fait que l’on est un des rares partenaires qui parle aux deux. Je veux préserver cela parce que si on veut être utile à l’humanité, à la région, à celles et ceux qui y vivent, c’est la capacité à parler aux deux qui nous rend efficace, pas d’aller s’amuser, nous à reconnaître unilatéralement, ce qui ne changera la vie de personne sur le terrain, y compris d’ailleurs des Palestiniens.


Le dossier israélo-palestinien

Extrait d’un article consacré à
la politique africaine-d’Emmanuel-Macron, publié le 5 mai sur Jeune Afrique


« Le conflit israélo-palestinien doit être traité de manière spécifique. Raison pour laquelle je ne souhaite pas réactiver l’approche euro-méditerranéenne de l’UPM [Union pour la Méditerranée], qui justement n’a pas pu se concrétiser à cause de ce dossier.

Notre rôle est de protéger Israël dans la région, mais aussi de nous tenir aux côtés du peuple palestinien et de faire aboutir l’objectif de deux États. Il faut une reconnaissance pleine et entière des deux pays pour envisager une véritable cohabitation entre eux.

C’est pour cela que je condamne de la même manière la politique de colonisation menée par Israël, non conforme au droit international et aux accords d’Oslo, comme celle de boycott lancée à son encontre. La France parle aux deux parties et jouit d’une vraie légitimité. Nous avons donc un rôle important à jouer. Le cadre, selon moi, doit être onusien. »