Histoire coloniale et postcoloniale

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Bachir Hadjadj à Toulon

dimanche 2 novembre 2008, par la rédaction

Invité par la section de Toulon de la LDH, Bachir Hadjadj sera à la Faculté de Droit de Toulon, jeudi 6 novembre, à 18h30, pour une conférence/débat sur le thème

Au-delà de toute polémique, 150 ans d’histoire d’une famille algérienne

Une affichette de présentation est téléchargeable.

Bachir Hadjadj est né en 1937 en Algérie. Il a grandi dans un petit village de la région de Sétif, au milieu des hauts plateaux du Nord de l’Algérie. Dans son livre, « Les voleurs de rêves », il expose ce qu’a été son éducation à l’époque de la colonisation française, avant le déclenchement de la guerre d’indépendance algérienne, à l’école de Châteaudun du Rhumel (aujourd’hui Chelghoum Laïd) d’abord, puis au lycée de Constantine.

Il estime avoir la chance d’appartenir à deux cultures, l’algérienne dans laquelle il est né et la française qu’il a acquise et qu’il apprécie. Il a vécu, aux premières loges, la disparition de l’ordre ancien que constituait le système colonial, et l’avènement de l’ordre nouveau qu’a été la décolonisation. Les circonstances ont fait qu’il a porté l’uniforme des chasseurs alpins en Kabylie, puis celui de maquisard dans l’ALN des frontières.

Bachir Hadjadj, est venu présenter son ouvrage à Toulon, le 20 mars dernier, à la Librairie La Petite Fatigue (face à la cathédrale). A cette occasion il avait donné une interview à Var Matin :

Bachir Hadjadj : « Le système colonial est basé sur le racisme »

par Gisèle Koson-Dray, Var Matin, le 23 mars 2008

Invité dernièrement à la librairie « La petite fatigue », l’auteur algérien Bachir Hadjadj a rencontré les lecteurs autour de son livre, paru chez Albin Michel, « Les voleurs de rêves » ou 150 ans de l’histoire d’une famille algérienne. Il est lauréat du prix Seligmann contre le racisme.

  • Vous disiez avoir écrit ce livre pour répondre aux questions de votre fille ?

Oui, ma fille s’appelle Nawel, et je lui disais qu’elle était une « beurette ». Elle me répondait que le beurre, pour elle, c’était uniquement dans le frigo.

En écrivant cet ouvrage, je n’ai pu me départir de la saga familiale, du clan avec le grand-père.

En fait, j’ai fait une double lecture de l’histoire familiale et de l’histoire de l’Algérie

  • Y a-t-il eu dans vos recherches un événement déclencheur ?

Oui, ce fut l’attribution des terres aux colons. J’avais dix ans quand j’ai entendu mon grand-père dire « ils nous ont enlevé nos terres ». Plus tard, j’ai pu dater l’événement grâce à la lecture d’un texte de Mac-Mahon qui parlait de ces 2 000 hectares de terres au petit hameau de El Ouricia.

  • Comment a réagi votre fille à la lecture de l’ouvrage ?

Elle m’a confié « aujourd’hui, quand je vois un émigré, ce n’est plus un étranger que je vois mais toute une vie là-bas. Maintenant aussi je marche sur mes deux pieds ».

  • Pourquoi cette histoire n’est-elle pas connue ?

Parce que ça n’a pas été dit. Aujourd’hui, il faut le dire et l’accompagner. Le colonialisme est basé sur le racisme. On ne s’en remet jamais totalement.

  • Que pensez-vous de l’évolution de l’Algérie ?

Je crois que le pays n’a pas évolué dans le sens souhaité par les Algériens. C’est une société archaïque qui a du mal à se départir d’un parti unique, de la religion d’État. Pourtant, il faudra bien arriver à la démocratie !

[Propos recueillis par Gisèle Koson-Dray.]