Histoire coloniale et postcoloniale

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Aix-en-Provence, Perpignan, Le Touvet : des hommages anti-républicains inacceptables

mardi 11 juin 2013

Depuis plusieurs années, le 7 juin, anniversaire de l’exécution en 1962, de deux des quatre membres de l’OAS condamnés à mort et exécutés, des nostalgiques de l’ancienne entreprise terroriste appellent à leur rendre hommage dans les cimetières de Perpignan et du Touvet. Cette année encore, cet hommage a été interdit par le préfet des Pyrénées-Orientales qui a accédé à la demande du Collectif pour une histoire franco-algérienne non falsifiée, en interdisant « tout rassemblement aux abords du cimetière » de Perpignan.

Il n’en a pas été de même le 9 juin dernier au Touvet (Isère), où la maire (PS), en l’absence d’arrêté préfectoral, s’est contentée de fermer l’accès au cimetière et d’en confier la clé à un responsable du groupement de gendarmerie de Meylan ; ce dernier a filtré les entrées, ne laissant passer que des soutiens de l’OAS. Un hommage a ainsi pu être rendu, sous la protection des forces de l’ordre, à Claude Piegts l’un des assassins du commissaire central d’Alger, Roger Gavoury.

Les valeurs de la République ont été plus gravement bafouées le 7 juin avec l’inauguration à Aix-en-Provence d’une nouvelle stèle sur le modèle de celles de Perpignan et de Marignane, par la maire (UMP - Droite populaire) Maryse Joissains, par René Andrès président du Collectif aixois des rapatriés, et par l’ancien maire PS Jean-François Picheral. Cette cérémonie scandaleuse a provoqué l’indignation de nombreux Aixois.

Quand donc ces sortes de tumeurs cesseront-elles de se multiplier dans le Midi méditerranéen ? Les responsables politiques vont-ils enfin prendre conscience des dégâts commis dans la société française par la complaisance qu’ils continuent à manifester envers ces nostalgiques de la France coloniale dans ses aspects les plus violents ?

Maryse Joissains actuel maire d’Aix et Jean-François Picheral, ancien maire, dévoilent la stèle ...

Le dévoilement de la stèle et les dépôts de gerbes à Aix-en-Provence :



Déclaration commune de 9 organisations politiques et associatives aixoises

HONTE ET INFAMIE

Vendredi 7 juin, plusieurs centaines d’Aixois se rassemblaient devant l’IEP pour exprimer leur tristesse et leur indignation après le meurtre du jeune Clément Méric par des militants d’un groupuscule fasciste. Le même jour, Maryse Joissains, maire d’Aix en Provence inaugurait une stèle érigée en l’honneur des "combattants pour que vive l’Algérie française" auxquels elle a rendu un hommage appuyé.

Reprenant à son compte les rengaines racistes sur les bienfaits civilisateurs de la colonisation française et l‘arriération du peuple algérien “qui n’a même pas su profiter de ses ressources naturelles”, elle a légitimé, à cette occasion, l’idéologie nauséabonde des activistes de l’OAS dont les crimes ont été condamnés sans appel par l’histoire et par la République.

La coïncidence de ces deux événements jette une lumière crue sur les passerelles qui se multiplient, en France, et aussi dans notre ville, entre la droite et l’extrême droite.

Du déchaînement homophobe des anti-mariage pour tous à la résurgence des discours ouvertement racistes et xénophobes, des responsables et élus de la droite "décomplexée" font, chaque jour plus nombreux, le choix d’une radicalisation qui renforce une ultra-droite de plus en plus violente et organisée.

A l’heure où le meurtre de Clément Méric nous montre que le ventre d’où est sortie la bête immonde est toujours fécond, les Aixoises et les Aixois attachés à la Démocratie et à la République ne peuvent qu’être scandalisés et révoltés par les propos de Mme Joissains.

Aix en Provence, le 11 juin 2013


Aix Solidarité – Association des Travailleurs Maghrébins de France – Ligue des droits de l’Homme – Europe Ecologie Les Verts - Parti Communiste Français – Parti de Gauche – Partit Occitan – Parti Socialiste – Unis pour un Monde Solidaire / FASE

À Perpignan (Photo : Thiery Grillet)

Perpignan : un face à face sans débordement

par I. B. L’Indépendant, le 8 juin


Hier, 50 personnes se sont opposées, en silence, à l’hommage à la stèle aux hommes “tombés pour que vive l’Algérie française”. Hier matin 9 h, à quelques pas de l’entrée du cimetière nord, les membres du Collectif pour une histoire franco-algérienne non falsifiée (PCF, NPA, LDH, Mouvement de la paix, Survie, Arac, Ancac, EELV, ANPNPA) ont déroulé deux banderoles : Non à l’hommage de la honte et Hommage à toutes les victimes de la guerre d’Algérie. C’est au cimetière du Vernet qu’a été érigée en 2003 la stèle de la discorde, en hommage “aux fusillés, aux combattants tombés pour que vive l’Algérie française”. De l’autre côté du rond-point, une dizaine d’hommes et de femmes venus pour honorer “la mémoire de personnes qui ont été fusillées par de Gaulle”. Au centre, pour les séparer et éviter tout débordement, alors que les deux rassemblements ont été interdits et le cimetière fermé par arrêté préfectoral, une soixantaine de gendarmes.

Deux lectures

« Nous sommes mobilisés pour protester contre la présence de cette stèle, où sont inscrits 116 noms de terroristes de l’OAS, dans un cimetière, un lieu de paix et de recueillement », explique Roger Hillel membre du Collectif. Face à lui, une autre vision de l’histoire de la guerre d’Algérie, rappelée à forte voix par Jean-Pierre Prévoteaux venu « à titre individuel en tant que Français » déposer au pied de la stèle deux roses rouges ornées du drapeau tricolore. Un geste qu’il ne pourra pas faire en cette journée symbolique, alors que la veille cette stèle a été fleurie en toute discrétion. A 11 h 30, après avoir entonné le Chant des Africains, les pro-OAS sont repartis sans avoir déposé de fleurs. Et les anti-OAS ont replié leurs banderoles. Sans heurts. Chacun ayant exprimé sa vision de cette page sombre de l’histoire. Les forces de l’ordre déployées devant le cimetière ont empêché tout contact entre les deux rassemblements.