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 17 octobre 1961 : nouveaux films, nouveaux livres

dimanche 16 octobre 2011, par la rédaction

Le 17 octobre 1961, à l’appel du FLN une manifestation pacifique est organisée à Paris pour protester contre le couvre-feu discriminatoire instauré par le Préfet de police Maurice Papon. Les forces de l’ordre la dispersent très violemment : selon les historiens, on compte aux alentours de 100 à 200 morts et disparus et 2300 blessés
– voir un résumé de ces événements.

A l’occasion du cinquantième anniversaire de ces massacres :

- deux films sortent en salle ; ils complètent Le silence du fleuve réalisé en 1991 par Mehdi Lallaoui et Agnès Denis, et ceux de Daniel Kupferstein :

- plusieurs livres sont publiés :

[Mis en ligne le 10 septembre 2011, mis à jour le 16 octobre]


Les deux films de Daniel Kupferstein

Aujourd’hui encore la confusion entre le 17 octobre et Charonne, demeure. Voilà pourquoi, j’ai eu envie de faire ces deux films, car si ces deux manifestations sont bien différentes, elles sont aussi quelque part, unies à jamais !

Daniel Kupferstein


  • 17 octobre 1961. Dissimulation d’un massacre, 54 minutes (2001).
  • Mourir à Charonne, pourquoi ?, 59 minutes (2010).

Un coffret comportant ces deux films est vendu (20 euros) à la librairie La Brèche (et sur internet), 27, rue Taine 75012 Paris ; Tél. : 01 49 28 52 44 ; E-mail : contact@la-breche.com.

Octobre 1961 : un massacre à Paris, de Jean-Luc Einaudi [1]

Jean-Luc Einaudi est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux massacres d’Algériens d’octobre 1961. Il fut témoin à charge au Procès Papon.

Le 17 octobre 1961, le FLN appelle les Algériens de la région parisienne à manifester pacifiquement à Paris pour protester contre le couvre-feu qui leur est imposé. Interdite par la police, la manifestation est très violemment réprimée. Le 17 octobre et les semaines qui suivirent, plus de 150 personnes sont mortes ou disparues. Le préfet de police Maurice Papon, responsable de cette répression, en niera toujours l’ampleur. Dans cet ouvrage, Jean-Luc Einaudi livre les conclusions de son enquête sur ces massacres, après avoir pu consulter les archives des hôpitaux de Paris, du Parquet, de la gendarmerie, de la préfecture de police, qui confirment et précisent les données recueillies dans ses précédents ouvrages. Dans une longue introduction et une postface inédites, il revient sur les débats et polémiques suscités par son livre, et confirme ses conclusions en répondant à ses contradicteurs.

17 octobre 1961
17 écrivains se souviennent
 [2]

Pour célébrer le 50e anniversaire de la manifestation du 17 octobre 1961, l’association Au nom de la mémoire a pris l’initiative de rassembler les contributions de 17 écrivains, hommes et femmes, français et algériens, lointains "héritiers" sans testament et porteurs de mémoire.

Chacun, avec force et originalité, exprime les multiples résonances de cette manifestation d’Algériens à Paris, qui aurait fait, selon les sources, de 30 à près de 300 morts. Sur cette tragédie orchestrée sous la responsabilité du Préfet Maurice Papon, l’État continue de garder le silence.

Depuis plus de 20 ans, Au nom de la mémoire se situe dans le champ du savoir et non dans celui de l’imprécation. En publiant 17 octobre 1961, 17 écrivains se souviennent l’association souhaite contribuer aux nécessaires évolutions et débats de la société française et participer à construire la citoyenneté de demain.

Ces 17 textes, nouvelles ou poèmes, forment un kaléidoscope précieux de cette soirée d’automne où des immigrés algériens s’enfonçaient dans la nuit parisienne. 17 octobre 1961, 17 écrivains se souviennent invite à réfléchir sur le sens de ce silence d’État, ses effets sur les plus jeunes, sur le vivre ensemble et sur les relations entre la France et l’Algérie.
Avec 17 octobre 1961, 17 écrivains se souviennent, la littérature, une fois de plus donne à entendre son inestimable puissance : désenclaver les esprits, les cœurs et les pays.

Les auteurs :
Gérard Alle - Jeanne Benameur - Maissa Bey - Bernard Chambaz - Mehdi Charef Magyd Cherfi - Didier Daeninckx - Dagory - Abdelkader Djemai - Salah Guemriche Tassadit Imache - Mohamed Kacimi - Mehdi Lallaoui - Samia Messaoudi - Michel Piquemal - Leila Sebbar - Akli Tadjer

17 octobre 1961 par les textes de l’époque [3]

Le 5 octobre 1961, alors que les négociations devant mettre fin à la guerre
d’Algérie ont commencé, le préfet de police Maurice Papon décrète un couvre-feu pour les Algériens à Paris et dans sa banlieue. Le 17, une manifestation pacifique à l’appel du FLN s’ensuit, qui sera sauvagement réprimée. Des dizaines de personnes seront retrouvées noyées dans la Seine. Cinquante ans après, ce crime n’est toujours pas reconnu comme tel ni condamné par les plus hautes autorités de la France.

Ce livre présente des documents de l’époque : le communiqué du préfet
Papon, une circulaire administrative d’une précision glaçante, mais aussi des
appels du FLN, le témoignage sous forme de reportage d’un jeune appelé,
un tract de « policiers républicains » indignés par les actes auxquels on veut
les associer…

Autant de pièces décisives éclairées ici par l’analyse de l’historien Gilles
Manceron, et mises en perspective par Henri Pouillot, président de l’association
Sortir du colonialisme, avec les débats actuels sur la colonisation.

L’association Sortir du colonialisme, qui a coordonné cet ouvrage, organise chaque année la Semaine anticoloniale : un ensemble d’actions et de manifestations pour contester la réhabilitation rampante de l’idée coloniale, concrétisée par la loi du 23 février 2005 évoquant « le rôle positif » de la colonisation.

Octobre noir, de Didier Daeninckx, Mako, Benjamin Stora [4]

En 1961, Vincent, côté scène, est un jeune chanteur dans un groupe de rock, Les Gold Star. Mais, dans le privé Vincent s’appelle Mohand, il est Algérien dans la France des « Événements d’Algérie ».

Le soir du 17 octobre, son groupe participe à un tremplin rock donnant au gagnant accès à la scène réputée de l’Olympia. Mohand est partagé entre son envie de participer au concert et sa volonté de soutenir son peuple en manifestant à l’appel du FLN. Finalement, il rejoint le groupe au Golf Drouot. En sortant du concert il découvre un Paris en guerre. Dans la nuit, de retour chez lui, il apprend que sa soeur Khelloudja a disparu. Commence alors une quête qui révèlera la violence de la répression de la manifestation.

Cette bande dessinée rend hommage à Fatima Bédar, tuée pendant la manifestation, dont le nom a été mentionné la première fois par Didier Daeninckx en 1986. Mais aussi à tous les anonymes qui ont participé à cette tragédie.

Didier Daeninckx est le scénariste, Mako l’illustrateur et l’historien Benjamin Stora a rédigé la préface.

Le 17 octobre des Algériens, texte inédit (1962) de Marcel et Paulette Péju, préface et texte de Gilles Manceron La triple occultation d’un massacre [5]

À cinq mois de la fin de la guerre d’Algérie, Paris a connu, dans l’ignorance de presque tous, le plus grand massacre d’ouvriers depuis la Semaine sanglante de 1871. Des dizaines de milliers d’Algériens manifestant sans arme ont été violemment réprimés par des policiers aux ordres du préfet Maurice Papon : 15 000 arrestations, des hommes jetés à la Seine, peut-être deux cents morts. Et pendant une trentaine d’années, nul n’a parlé du drame. Pourtant, dès l’époque, des femmes et hommes courageux ont tenté de le faire connaître. En témoigne le texte inédit que Paulette et Marcel Péju devaient faire paraître à l’été 1962 et publié ici pour la première fois. Nourri de nombreux témoignages d’Algériens recueillis à chaud, sa lecture ne laisse pas indemne.

Il est précédé d’une introduction détaillée de Gilles Manceron, qui jette une lumière neuve sur la préparation d’un événement longtemps considéré comme une énigme. Papon était appuyé dans le gouvernement par ceux qui désapprouvaient les choix du général de Gaulle dans les négociations en cours pour l’indépendance de l’Algérie. Le préfet a constitué des « équipes spéciales » qui se sont livrées au mitraillage de cafés et de passants algériens, faisant des dizaines de victimes. Et il a orchestré la violence de la répression de la manifestation pacifique appelée par le FLN en donnant aux policiers une sorte de permis de tuer. Gilles Manceron éclaire également les raisons qui expliquent la longue occultation du massacre : sa dissimulation par ses organisateurs au sein de l’État français ; l’effacement de sa mémoire par le Parti communiste au profit de celle de la répression de Charonne en février 1962 ; le silence des premiers gouvernants de l’Algérie indépendante, car les organisateurs de la manifestation étaient devenus leurs opposants – c’est d’ailleurs pourquoi le texte des Péju n’est pas paru comme prévu.

La police parisienne et les Algériens : 1945-1962, par Emmanuel Blanchard, [6]

Le « problème nord-africain » : c’est ainsi que la police a pris pour habitude de qualifier après-guerre la question des Algériens installés en région parisienne. Théoriquement égaux en droit avec les autres citoyens français, ils étaient cantonnés à certains emplois et quartiers, en butte à une forte emprise policière et objets de nombreux fantasmes touchant à leurs pratiques sexuelles ou délinquantes.

De 1925 à 1945, les Algériens ont été « suivis » par une équipe spécialisée, la Brigade nord-africaine de la préfecture de police. Celle-ci dissoute, les « indigènes » devenus « Français musulmans d’Algérie » sont désormais l’affaire de tous les personnels de police. Au début des années 1950, l’émeute algérienne devient un sujet de préoccupation majeur, exacerbé par la répression féroce de la manifestation du 14 juillet 1953, place de la Nation. Une nouvelle police spécialisée est alors reconstituée avec la Brigade des agressions et violences. Ses objectifs : pénétrer les « milieux nord-africains » et ficher les Algériens.

Entre 1958 et 1962, dans le contexte de la guerre ouverte en Algérie, le répertoire policier se radicalise : il faut désormais « éliminer les indésirables ». Rafles, camps d’internement et retours forcés se multiplient Les brutalités policières deviennent fréquentes, jusqu’à la torture. Le préfet de police Maurice Papon reçoit un « chèque en blanc » pour combattre le FLN. Les massacres d’octobre 1961 incarnent le moment le plus tragique de cette période noire. Les mécanismes en sont éclairés par une étude historique rigoureuse fondée sur des archives et des témoignages inédits.

Les ratonnades d’octobre - Un meurtre collectif à Paris en 1961, de Michel Levine [7]

Réédition augmentée, en septembre 2011, d’un livre dont la première édition remonte à 1985.

En octobre 1961. A Paris, en pleine guerre d’Algérie, Maurice Papon, préfet de police et chef de la répression, instaure un couvre-feu pour les Algériens, citoyens français de seconde zone : chasse au faciès, interpellations systématiques, bouclages de quartiers, etc. Les conditions de vie deviennent infernales pour des milliers d’hommes et de femmes.

En protestation contre ces mesures qui rappellent l’occupation nazie, le F.L.N. organise le 17 octobre une manifestation pacifique. Aussitôt, Papon "chauffe ses troupes". La machine à tuer est en marche…On retrouvera des centaines de cadavres dans la Seine.

Le crime commis, c’est le grand silence de la part des autorités et des médias, un mutisme absolu qui durera longtemps. Pour la première fois, on dévoile ce qui était ignoré de l’historiographie officielle ou soigneusement refoulé. L’auteur s’est livré à une véritable enquête, interrogeant victimes, avocats, témoins.


[1Ed. Pluriel, septembre 2011, 640 pages, 12 €.
Présentation de l’éditeur : http://www.bibliosurf.com/Octobre-1....

[2Textes inédits recueillis par Mustapha Harzoune et Samia Messaoudi. Ed. Au nom de la mémoire, 218 pages - Textes + 17 photos N&B - 18 € euros. En librairie le 17 septembre 2011
Service de Presse : Au Nom de la Mémoire – Tél. 06 09 47 08 16
La présentation est celle de l’éditeur

[3L’ouvrage est réalisé par Sortir du colonialisme et diffusé par le Seuil, préface Gilles Manceron, postface Henri Pouillot, , 5 €.
La présentation est reprise du 4ème de couverture.

[4Bande dessinée, 13.50 €, disponible en librairie.

[5Éd. La Découverte, 200 pages, septembre 2011, 14 euros.
Voir une présentation de cet ouvrage.

[6Éd. Nouveau Monde Editions, septembre 2011, 26 euros.
Voir une présentation de cet ouvrage.

[7Éd. Jean-Claude Gawsewitch, septembre 2011, 314 pages, 19,90 euros.